Everyday Omens

Une limace dans la maison

Une limace qui entre dans la maison cherche surtout l’humidité. Autrefois, on en faisait un baromètre : dans les Vosges, la limace couverte de terre annonçait la pluie, et en Wallonie, en écraser une la faisait tomber, croyait-on.

Ce que cela peut signifier

On ne voit presque jamais une limace en train de passer. On découvre au matin la traînée argentée sur le carrelage ou le seuil, et l’on reconstitue le trajet après coup. Les paysans, eux, la regardaient de près pour y lire le temps : ce qu’elle portait sur le dos, le côté où tournait son œil. Une journée laisse elle aussi ce genre de traces, qui se lisent mieux le lendemain, quand on prend le temps de suivre le fil de ce qu’on a fait. Ce regard en arrière, sans jugement, aide à comprendre par où l’on est passé.

Selon la façon dont tu l’as vu

Une limace sous la porte un soir de pluie

La limace se glisse par le moindre interstice quand l’air dehors est saturé d’eau, et cherche la fraîcheur d’une cuisine ou d’une buanderie. Les Wallons se gardaient de l’écraser : la pluie survenait, disait-on, si l’on tuait une limace.

Une limace couverte de terre ou d’herbe

Dans les Vosges, des limaces qui cheminaient couvertes de terre annonçaient la pluie, alors que dans le Loiret on y voyait un signe de beau temps. Avec des brins d’herbe sur le dos, c’était le beau temps dans les Vosges et à Seraing, mais le mauvais dans l’Orléanais.

La première limace de l’année

En Haute-Bretagne, on regardait l’œil du premier « lima » rencontré : tourné à gauche, l’année serait bonne ; tourné à droite, le présage était mauvais. Le mot désignait la limace, mais Sébillot notait qu’on ne la distinguait pas toujours de l’escargot.

Une limace en plein hiver

Un dicton recueilli à Penguily jugeait plus heureux de trouver un chien enragé qu’un « lima » en janvier. À Ercé, on disait « À Noël les limas, à Pâques les grouas » : un Noël doux promettait de la glace à Pâques.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Sans coquille pour garder son eau, la limace se dessèche vite. Elle sort donc la nuit et par temps humide, et peut entrer dans une maison par un bas de porte ou une bouche d’aération à la recherche de fraîcheur. Le mucus qu’elle sécrète pour avancer laisse en séchant une trace brillante.

Ce que disent les croyances populaires

Wallonie (Belgique)

En Wallonie, on disait que la pluie survenait si l’on écrasait une limace.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 336. Voir la page

Vosges et Loiret

Dans les Vosges, quand il devait pleuvoir, les limaces cheminaient couvertes de terre ; dans le Loiret, au contraire, c’était l’indice d’un beau temps.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 337. Voir la page

Vosges et Orléanais

Dans les Vosges, les limaces qui traînaient des brins d’herbe sur le dos présageaient le beau temps, alors que l’opinion opposée avait cours dans l’Orléanais.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 337. Voir la page

Seraing (province de Liège)

À Seraing, près de Liège, une limace qui portait de l’herbe sur la queue promettait du beau temps, et de la terre, du mauvais.

Source : Alfred Harou, « Notes sur les traditions et les coutumes de la province de Liège », Revue des traditions populaires, t. XVI (1901), p. 111. Voir la page

Haute-Bretagne

En Haute-Bretagne, quand on trouvait un « lima » qui avait l’œil tourné du côté gauche, l’année serait bonne ; tourné du côté droit, le présage était mauvais. Sébillot précisait qu’on ne distinguait pas toujours le lima du colimaçon.

Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 287-288. Voir la page

Haute-Bretagne

En Haute-Bretagne, on disait : « Il vaut mieux trouver un chien enragé qu’un lima en janvier », et « À Noël les limas, à Pâques les grouas », c’est-à-dire que s’il faisait chaud à Noël, il y aurait de la glace à Pâques.

Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 288. Voir la page

Pour réfléchir

Quelles traces de ta journée d’hier retrouves-tu ce matin, et que disent-elles de ce que tu as fait ?