Voir un geai des chênes
En Anjou, le cri du geai, qu’on appelait « Ricard », annonçait la pluie. En Haute-Bretagne, ce bavard aux plumes bleues avait la réputation d’être sorcier : il imitait, disait-on, les cris de tous les animaux.
Ce que cela peut signifier
Le geai est un imitateur doué. Il reproduit le miaulement de la buse, voire un bruit de la ferme voisine. Les paysans hauts-bretons voyaient en lui un sorcier capable d’aboyer, de bêler ou de contrefaire le métier du tisserand. Tout le monde imite sans le savoir, et l’on retrouve dans sa propre voix des tournures attrapées chez un parent ou un collègue. Remarquer ces emprunts amuse, et montre aussi à quel point on est fait de ceux qu’on a côtoyés.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un geai qui crie dans les chênes
Dans les cantons du Lion-d’Angers et de Châteauneuf, en Maine-et-Loire, le cri du « Ricard », le geai, présageait la pluie. Ce cri rauque sert aussi d’alarme à tout le bois quand quelqu’un s’approche.
Des geais et des pies qui se chamaillent
En Haute-Bretagne, on pouvait s’attendre à la pluie quand les geais et les pies se querellaient. Les deux oiseaux, cousins dans la famille des corvidés, se disputent volontiers la nourriture.
Un geai qui imite les autres
Selon les paysans de Haute-Bretagne, ces oiseaux réputés sorciers aboyaient comme les chiens, bêlaient comme les moutons et miaulaient comme les chats. Ils savaient même contrefaire le bruit des tisserands et des scieurs de long.
Un geai qu’on ne voit plus
Noël du Fail, conteur breton du XVIe siècle, rangeait parmi les pronostics connus de tous celui du geai : « Le geay, se retirant plus tost que accoustumé, sent l’hyver qui approche. »
Des geais dans le potager
À Saint-Cast, on racontait que lorsque les geais mangeaient les pois, l’un d’eux faisait le guet sur un arbre et prévenait les autres : « Jacquot, écoutez-les ! » Les autres répondaient en continuant de picorer : « Ils repousseront ! »
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le geai des chênes appartient à la famille des corneilles et des pies. À l’automne, il cache des milliers de glands dans le sol, dont une partie oubliée donne de nouveaux chênes. Il imite volontiers d’autres oiseaux, en particulier le miaulement de la buse, et pousse un cri d’alarme rauque que les autres animaux du bois savent reconnaître.
Ce que disent les croyances populaires
Maine-et-Loire
Dans les cantons du Lion-d’Angers et de Châteauneuf, en Maine-et-Loire, on disait que le cri du « Ricard », le geai, annonçait la pluie.
Source : Queruau-Lamerie, « Les croyances superstitieuses dans le département de Maine-et-Loire (cantons du Lion-d’Angers et de Châteauneuf) », Revue des traditions populaires, t. XXI (1906), p. 308. Voir la page
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, on pouvait s’attendre à la pluie lorsque les geais et les pies se querellaient.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 202. Voir la page
Haute-Bretagne, XVIe siècle
Au XVIe siècle, Noël du Fail écrivait : « Le geay, se retirant plus tost que accoustumé, sent l’hyver qui approche. »
Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 146. Voir la page
Haute-Bretagne
Selon les paysans de Haute-Bretagne, les geais, qui avaient la réputation d’être sorciers, imitaient tous les cris des animaux : ils aboyaient comme les chiens, bêlaient comme les moutons, miaulaient comme les chats, et savaient contrefaire les bruits de divers métiers.
Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 179. Voir la page
Saint-Cast (Côtes-du-Nord)
À Saint-Cast, on racontait que lorsque les geais mangeaient les pois, l’un d’eux, perché sur un arbre, faisait la sentinelle et disait aux autres : « Jacquot, écoutez-les », et ceux-ci répondaient : « Ils repousseront. »
Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 179. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle expression ou quel geste as-tu emprunté à quelqu’un sans t’en apercevoir ?