Marcher dans une crotte de chien
Marcher dans une crotte de chien portait bonheur à Nantes, où d’autres y voyaient la promesse d’un peu d’argent. Au pays de Baugé, l’excrément de chien était même le plus chanceux de tous.
Ce que cela peut signifier
Personne ne marche dedans exprès. C’est peut-être ce qui rend la croyance si drôle : la chance tombe sur celui qui regardait ailleurs, le nez en l’air ou les yeux sur son téléphone. Une bonne surprise ne se prépare pas toujours. Beaucoup de rencontres, d’idées ou d’occasions arrivent quand on ne surveille plus chaque pas. Cela n’empêche pas de nettoyer sa chaussure en pestant un peu. On peut ensuite repartir en gardant l’œil ouvert sur ce que la journée apportera d’autre.
Selon la façon dont tu l’as vu
En pleine rue, sans l’avoir vue
À Nantes, marcher dans un excrément portait bonheur, et d’autres disaient qu’il annonçait de l’argent. Au pays de Baugé, en Anjou, celui de chien était le plus favorable, et l’argent, croyait-on, ne tardait pas à suivre.
Un chien devant la vitrine
En Gironde, le boutiquier qui voyait un chien faire ses besoins le long de sa devanture devait aussitôt toucher sa poche pour gagner de l’argent toute la journée. S’il chassait l’animal, sa vente serait mauvaise.
Du crottin devant la porte
Dans le Cantal, un cheval ou un bœuf qui fientait devant la porte annonçait de l’argent prochainement. En Wallonie aussi, le crottin d’un cheval devant la maison était un présage de gain.
Le bœuf de la Fête-Dieu
À Marseille, quand on promenait le bœuf qui devait figurer à la Fête-Dieu, les marchands étaient ravis s’il entrait dans leur magasin, et plus encore s’il y laissait sa trace : c’était une bonne aubaine promise pour l’année.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Les chiens ont tendance à faire leurs besoins aux mêmes endroits, attirés par les odeurs laissées par leurs congénères, au pied des murs, des arbres et des poteaux. Quand on marche, le regard se porte vers l’avant plutôt que vers le sol, ce qui suffit à expliquer le faux pas.
Ce que disent les croyances populaires
Nantes (Loire-Inférieure)
À Nantes, marcher dans un excrément portait bonheur ; selon d’autres personnes, cela promettait de l’argent.
Source : Mme E. Vaugeois, « Usages et superstitions de Nantes et de la Loire-Inférieure (suite) », Revue des traditions populaires, t. XV (1900), p. 582. Voir la page
Pays de Baugé (Maine-et-Loire)
Au pays de Baugé, marcher dans un excrément, particulièrement dans un excrément de chien, portait bonheur et passait pour « signe d’argent ».
Source : C. Fraysse, « Au pays de Baugé », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 367. Voir la page
Gironde
En Gironde, le boutiquier qui voyait un chien faire ses besoins le long de sa devanture devait toucher aussitôt sa poche pour gagner de l’argent toute la journée ; s’il chassait le chien, sa vente serait mauvaise.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 102. Voir la page
Marseille
À Marseille, les marchands étaient ravis si le bœuf de la Fête-Dieu entrait dans leur magasin, et plus encore s’il y laissait quelque grosse ordure : cela leur présageait une bonne aubaine dans l’année.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 102. Voir la page
Cantal (Auvergne)
Dans le Cantal, si un cheval ou un bœuf fientait devant la porte, on allait bientôt recevoir de l’argent.
Source : Antoinette Bon, « Superstitions auvergnates (Cantal) », Revue des traditions populaires, t. V (1890), p. 536. Voir la page
Wallonie (Belgique)
En Wallonie, un cheval qui laissait son crottin devant la porte promettait de l’argent.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 102. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle bonne surprise t’est tombée dessus un jour où tu regardais ailleurs ?