Voir un chien noir
Voir un chien noir entrer dans une maison étrangère était un présage au XVIIe siècle ; en Poitou, la maison où il entrait avait un accident à craindre. En Basse-Normandie, le « Chien noir » qu’on nourrissait menait, disait-on, à un trésor.
Ce que cela peut signifier
Au XVIIe siècle, une croyance sur le chien noir donnait une consigne simple : rebrousser chemin. Les hommes partis demander une fiancée renonçaient s’ils en voyaient un entrer dans une maison. Le chien, lui, poursuivait sa route sans se douter de rien. Quand une visite pèse, on accueille volontiers une raison de la remettre à plus tard, et un présage fait un excellent alibi. Il est utile de distinguer une vraie prudence d’une simple envie de reculer, surtout quand l’alibi a quatre pattes et remue la queue.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un chien noir qui entre dans une maison
Au XVIIe siècle, l’arrivée d’un chien noir dans une maison étrangère passait pour un présage, bon ou mauvais. En Poitou, on pensait que la maison où il entrait avait quelque accident à craindre.
En allant demander une fiancée
Selon le curé Thiers, ceux qui allaient demander une jeune fille en mariage surveillaient tout ce qu’ils croisaient. S’ils voyaient un chien noir entrer dans une maison, ils n’allaient pas plus loin et retournaient sur leurs pas.
Un chien noir qu’on nourrit
En Basse-Normandie, racontait-on, le « Chien noir » venait de temps en temps dans une maison du voisinage. Si les habitants lui donnaient à manger et le recevaient bien, il finissait par parler et les conduisait à un trésor qu’ils pouvaient lever sans danger.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le pelage noir est très courant chez les chiens, du labrador au berger. Dans la pénombre d’un petit matin ou d’une ruelle, un chien sombre se distingue mal et semble surgir de nulle part, ce qui suffit à faire sursauter et à marquer la mémoire.
Ce que disent les croyances populaires
France (XVIIe siècle) et Poitou
Sébillot notait qu’au XVIIe siècle on tirait des présages de l’arrivée d’un chien noir dans une maison étrangère, et qu’en Poitou la maison où il entrait avait quelque accident à craindre.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 100. Voir la page
France, XVIIe siècle
Au XVIIe siècle, le curé Thiers rapportait que ceux qui allaient faire la demande d’une future épouse renonçaient et retournaient sur leurs pas s’ils voyaient un chien noir entrer dans une maison.
Source : Jean-Baptiste Thiers et al. (Amsterdam, J. F. Bernard), Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages et à des pratiques contraires à la religion, t. I (1733), p. 297. Voir la page
Guernesey
À Guernesey, on redoutait le « Chien Bodu », tout noir, qui annonçait quelque malheur.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 102. Voir la page
Basse-Normandie
En Basse-Normandie, le Chien noir se rendait parfois dans une demeure du voisinage ; si les habitants lui donnaient à manger et le recevaient bien, il finissait par parler et les conduisait à un trésor qu’ils pouvaient lever sans qu’il leur arrive de mal.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 121-122. Voir la page
Pour réfléchir
Quel prétexte t’a déjà servi à rebrousser chemin devant une démarche qui te coûtait ?