Les crêpes de la Chandeleur et la pièce
Les crêpes de la Chandeleur qu’on réussit à faire sauter promettaient un foyer prospère, selon un témoignage de Brive, et une crêpe gardée avec une pièce dans un placard devait faire venir l’argent toute l’année.
Ce que cela peut signifier
Le 2 février, la cuisine sent le beurre et chacun veut tenter son tour de poêle. Selon un témoignage venu de Brive, réussir à retourner la crêpe en l’air promettait un foyer prospère, et bien des familles en gardaient une toute l’année au fond d’un placard, avec une pièce glissée à l’intérieur. Ce dernier geste est le plus parlant. On peut y voir une façon de conserver un morceau d’un jour heureux, comme une preuve qu’il a eu lieu. On fait la même chose avec une photo ou une fleur séchée. Garder une trace des bons moments aide à les retrouver quand la saison est moins douce.
Selon la façon dont tu l’as vu
Faire sauter la crêpe
La retourner d’un coup de poignet, sans la laisser tomber, demande un peu d’audace. En Haute-Bretagne, lors des fournées de crêpes, chacun prenait son tour à la queue de la poêle, et le maladroit était gentiment moqué par les autres. L’enjeu est mince ; les rires sont garantis.
Une crêpe gardée dans le placard
Selon le même témoignage de Brive, une crêpe garnie d’une pièce, rangée dans un placard, devait attirer l’argent au foyer pour le reste de l’année. L’objet n’a rien de magique, mais il fait de chaque ouverture du placard un petit rendez-vous avec ce jour-là.
Des crêpes pour les poules
Dans l’Yonne, la Gironde ou le Perche, on donnait des crêpes de la Chandeleur aux poules pour qu’elles pondent bien. La fête profitait à toute la maisonnée, basse-cour comprise.
Pourquoi cela arrive dans la nature
La Chandeleur, le 2 février, est une fête chrétienne, la Présentation de Jésus au Temple, marquée par les cierges qu’on bénissait à la messe, d’où son nom. Les crêpes, rondes et dorées, évoquent volontiers le soleil qui revient en février, et ne demandaient que des ingrédients simples présents dans toutes les maisons.
Ce que disent les croyances populaires
Brive (Corrèze)
Selon un témoignage recueilli en 2017 auprès d’un habitant originaire de Brive, réussir à faire sauter la crêpe promettait un foyer prospère, et beaucoup de familles gardaient une crêpe avec une pièce dans un placard pour attirer l’argent toute l’année.
Source : USC Digital Folklore Archives (entrée recueillie par Gabrielle Green), French Candlemas (2017), folklore.usc.edu. Voir la page
Brive (Corrèze)
Le même témoin rapportait que celui qui faisait sauter la crêpe six fois de suite trouverait à se marier dans les douze mois.
Source : USC Digital Folklore Archives (entrée recueillie par Gabrielle Green), French Candlemas (2017), folklore.usc.edu. Voir la page
Yonne, Gironde et Perche
Dans l’Yonne, la Gironde et le Perche, on faisait manger aux poules des crêpes le jour de la Chandeleur pour qu’elles soient bonnes pondeuses.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 227. Voir la page
Neuillé
Vers le milieu du XIXe siècle, à Neuillé, les bergères apportaient chaque année à la Chandeleur des œufs, de l’huile ou de la farine au pied d’un chêne, y faisaient des crêpes ou des beignets et dansaient jusqu’à la nuit.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 428. Voir la page
Pour réfléchir
Quel souvenir d’un jour heureux gardes-tu à portée de main, et quand l’as-tu regardé pour la dernière fois ?