Trouver la fève
Trouver la fève dans la galette des Rois fait de toi le roi ou la reine du jour. À Marseille et à Dinan, garder la fève portait chance toute l’année, et l’on disait « roi de la fève » d’un roi pour rire.
Ce que cela peut signifier
La fève tombe sur quelqu’un par pur hasard, et voilà cette personne couronnée pour la soirée. Au XVIIe siècle, on disait « roi de la fève » pour parler d’un roi d’un jour, d’un roi pour rire. L’expression est pleine de bon sens. La couronne en carton ne prouve aucun mérite ; elle demande seulement de jouer le rôle avec légèreté, de choisir sa reine ou son roi, de lever son verre. Les honneurs qui tombent par chance se portent mieux quand on sait qu’ils sont passagers. Le lendemain, la couronne retourne au placard, et chacun reprend sa place autour de la table.
Selon la façon dont tu l’as vu
Garder la fève dans sa poche
À Dinan, on gardait toute l’année dans sa poche la fève du gâteau des Rois, enveloppée dans trois papiers, pour avoir de la chance ; à Marseille aussi, celui à qui elle était échue devait la conserver. La petite figurine trouvée par hasard devenait un porte-bonheur de poche.
Une fève, un haricot et un pois
Dans le Doubs, on cachait dans le gâteau une fève, un haricot et un pois : la fève faisait le roi du festin, le haricot la reine, et le pois le valet. Toute une petite cour sortait ainsi d’une seule pâtisserie.
« As-tu trouvé la fève ? »
Au XVIe siècle, on lançait en riant « Pourquoi ris-tu ? As-tu trouvé la fève ? », et l’on disait de quelqu’un qui se croyait chanceux qu’il pensait avoir trouvé la fève au gâteau. La galette prêtait ses mots à toute l’année.
Ne pas trouver la fève
La part qu’on reçoit est vide, et c’est la voisine qui brandit la fève. Une seule galette fait un seul roi ; tous les autres partagent le plaisir sans la couronne, ce qui n’est pas la plus mauvaise place.
Pourquoi cela arrive dans la nature
La fève était à l’origine une vraie graine, cachée dans la pâte avant la cuisson ; elle a peu à peu été remplacée par de petites figurines, souvent en porcelaine. La galette se partage autour de l’Épiphanie, début janvier, et le tirage au sort désigne le roi ou la reine de la tablée.
Ce que disent les croyances populaires
Doubs
Dans le Doubs, on mettait dans le gâteau une fève, un haricot et un pois : celui à qui échoyait la fève devenait roi du festin, le haricot désignait la reine et le pois le valet.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IV (1903), p. 235. Voir la page
Marseille et Dinan
À Marseille, celui à qui revenait la fève du gâteau des Rois devait la conserver, car elle lui portait bonheur ; à Dinan, on la gardait toute l’année dans sa poche, enveloppée dans trois papiers, pour avoir de la chance.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IV (1903), p. 235. Voir la page
France, XVIIe siècle
Au XVIIe siècle, on appelait « roi de la fève » un roi d’un jour, un roi pour rire, un homme vain dont on ne faisait pas cas.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IV (1903), p. 235. Voir la page
France, XVIe siècle
Au XVIe siècle, on demandait en plaisantant : « Pourquoi ris-tu ? As-tu trouvé la fève ? »
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IV (1903), p. 235. Voir la page
Pour réfléchir
Quel honneur, reçu un peu par chance, pourrais-tu porter avec plus de légèreté ?