Everyday Omens

Voir un hanneton

Beaucoup de hannetons au printemps laissaient espérer une bonne récolte, disait-on de la Côte-d’Or à la Dordogne. En Haute-Bretagne, la même abondance annonçait au contraire une année de chiens enragés.

Ce que cela peut signifier

Les hannetons ne viennent pas seuls : certaines années, ils sortent par centaines au crépuscule de mai, puis on n’en voit presque plus pendant des saisons. Les campagnes parlaient donc d’« années à hannetons », et chacun y lisait l’avenir de sa récolte. Pour les uns, c’était l’abondance du blé et des pommes ; pour les autres, la promesse de vers blancs qui rongeraient les racines. Une saison d’abondance a ses deux faces, et ce qui nourrit d’un côté peut coûter de l’autre. Regarder les deux en même temps évite de se laisser surprendre par la suite.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un hanneton qui vrombit sous la lampe

Un soir de mai, il entre par la fenêtre, se cogne à l’abat-jour dans un bruit de petit moteur, puis tombe sur le dos. En Haute-Bretagne, ce bourdonnement avait son verbe : on disait que les hannetons « brumentent ».

Une année à hannetons

Dans la Côte-d’Or, on disait : « Année de hannetons, blé, vin à foison. » Dans l’Oise, la formule était plus nuancée : « Grande hannetonnée, petite vinée ; grande hannetonnée, grande pommée. » En Dordogne, une année riche en hannetons promettait beaucoup de châtaignes.

Des chênes dévorés

En Haute-Bretagne, si les hannetons mangeaient les feuilles des chênes, on craignait pour la récolte de l’année suivante, à cause des vers blancs à venir. Et quand la larve ne sortait pas de terre, l’année serait mauvaise pour le sarrasin.

Un hanneton au collet rouge

Aux environs de Mons, celui qui trouvait dans la terre un hanneton à collet rouge en concluait que la guerre était proche. À Saint-Cast, on disait plus simplement : « Année de bruments, année de chiens enragés », parce que les chiens qui en mangeaient passaient pour devenir enragés.

Un hanneton qui compte ses écus

Avant de s’envoler, le hanneton soulève ses élytres et fait jouer ses antennes. Les Hauts-Bretons prétendaient qu’il comptait ses écus, autant qu’il avait de taches blanches sur le ventre. Et des hannetons au-dessus de la mer promettaient du beau temps.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le hanneton commun vit trois à quatre ans sous terre sous la forme d’un ver blanc qui se nourrit de racines. Les adultes sortent ensemble au printemps, surtout au crépuscule, et mangent les feuilles des chênes et des arbres fruitiers. Ce cycle explique les années où ils pullulent, suivies d’années presque sans hannetons.

Ce que disent les croyances populaires

Côte-d’Or, Oise, Dordogne

Aux environs de Semur, on disait : « Année de hannetons, blé, vin à foison » ; dans l’Oise : « Grande hannetonnée, petite vinée ; grande hannetonnée, grande pommée » ; en Dordogne, une année riche en hannetons promettait beaucoup de châtaignes.

Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. III (1881), p. 333. Voir la page

Côtes-du-Nord

Dans les Côtes-du-Nord, quand la larve du hanneton ne sortait point de terre, l’année était mauvaise en sarrasin.

Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. III (1881), p. 333. Voir la page

Saint-Cast (Côtes-du-Nord)

À Saint-Cast, on disait : « Année de bruments, année de chiens enragés », car on prétendait que les chiens qui mangeaient des hannetons enrageaient.

Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 295. Voir la page

Haute-Bretagne

En Haute-Bretagne, si les hannetons mangeaient les feuilles des chênes, il y avait à craindre pour la récolte de l’année suivante, parce qu’il y aurait beaucoup de vers blancs. On disait aussi qu’avant de s’envoler, ils comptaient leurs écus, autant qu’ils avaient de taches blanches sur le ventre.

Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 295. Voir la page

Environs de Mons (Hainaut)

Aux environs de Mons, celui qui trouvait dans la terre un hanneton à collet rouge en concluait que la guerre était proche.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 325. Voir la page

Haute-Bretagne

En Haute-Bretagne, les hannetons qui volaient sur la mer étaient un présage de beau temps.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 326. Voir la page

Pour réfléchir

Quelle période généreuse de ta vie a eu aussi un revers, et comment l’as-tu traversé ?