Voir un scarabée doré
Voir un scarabée doré, c’est en général croiser un carabe doré ou une cétoine. Tuer le premier passait pour faire venir la pluie en Wallonie, en Gironde et dans le Jura. Leur éclat peut te faire regarder autrement les alliés discrets.
Ce que cela peut signifier
Il brille comme un bijou tombé dans l’herbe. Le carabe doré et la cétoine portent ce vert métallique qui change de reflet selon la lumière, et l’on s’arrête presque toujours pour les regarder. Leur beauté cache un travail très concret : l’un dévore les limaces au ras du sol, l’autre, à l’état de larve, transforme le compost en terre fertile. Dans plusieurs régions, on n’osait pas tuer le carabe, de peur d’attirer la pluie ou la malchance. Ce respect instinctif tombe juste. Ce scarabée montre que l’éclat et l’utilité vont parfois ensemble, et que les meilleurs alliés font leur ouvrage sans jamais le réclamer.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une cétoine posée sur une rose
Elle s’enfonce dans la fleur, se couvre de pollen et ne bouge plus. Ce moment de plaisir simple, en plein soleil, a quelque chose de communicatif. À quand remonte, pour toi, un instant aussi entier ?
Un carabe qui court au sol
Rapide, il file entre les pierres à la recherche de limaces et de chenilles. Sa course a un but précis. Elle illustre bien la différence entre s’agiter et avancer vers ce qui compte.
Un scarabée doré sur le dos
Les pattes en l’air, il n’arrive pas à se retourner sur une surface lisse. Une brindille tendue suffit à le remettre d’aplomb. Les petites aides de ce genre coûtent peu, et changent tout pour celui qui les reçoit.
Un scarabée doré dans la maison
Il est sans doute arrivé avec un bouquet ou un panier de légumes. Égaré loin de son jardin, il paraît plus brillant encore sur un carrelage. Certaines qualités ne se remarquent vraiment que hors de leur milieu habituel.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Deux insectes portent volontiers ce nom. Le carabe doré, vert métallique à reflets dorés, court au sol et dévore limaces et chenilles : les jardiniers le considèrent comme un allié. La cétoine dorée, plus trapue, se pose sur les roses et d’autres fleurs ; ses larves vivent dans le compost, qu’elles aident à décomposer.
Ce que disent les croyances populaires
Wallonie, Gironde et Jura
En Wallonie, en Gironde et dans le Jura, on croyait que tuer un carabe doré faisait venir la pluie.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 307. Voir la page
Alsace et Eure-et-Loir
À Bouxwiller, en Alsace, écraser un carabe doré faisait craindre de perdre quelque chose ; en Eure-et-Loir, celui qui le tuait était sûr d’avoir un malheur dans la journée.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 307. Voir la page
Bocage normand
Les enfants du Bocage normand poursuivaient au contraire une sorte de carabe doré, uniquement parce qu’on l’appelait le « chariot du diable ».
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 308. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle chose ordinaire de ta vie mérite que tu la regardes enfin comme un petit trésor ?