Everyday Omens

Un coq qui chante la nuit

Un coq qui chante la nuit annonçait du brouillard pour le lendemain en Poitou et en Quercy, et un deuil en Basse-Bretagne. Près de Lorient, on comptait même ses cris : pair, un mariage ; impair, une mort.

Ce que cela peut signifier

Au milieu de la nuit, un coq lance son cri, et presque aussitôt un deuxième lui répond, puis un troisième, d’une ferme à l’autre. Les coqs se répondent : chacun signale qu’il occupe sa place, et un seul chant suffit à réveiller tout le voisinage. Cette réaction en chaîne ressemble à nos propres emballements. Une remarque lancée dans un groupe, et voilà tout le monde qui réagit sans savoir ce qui a déclenché le premier cri. Les campagnes cherchaient un sens à ces chants nocturnes, brouillard ou mariage. Devant une agitation collective, il est utile de se demander qui a chanté le premier, et pourquoi.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un coq qui chante vers minuit

En Poitou et en Quercy, celui qui chantait au milieu de la nuit annonçait du brouillard pour le lendemain. Un éclairage de cour, des phares ou une bête qui rôde suffisent à le réveiller ; il chante alors comme si le jour se levait.

Compter les cris du coq

Près de Lorient, on comptait : un nombre pair de cris annonçait un mariage, un nombre impair, un décès. Compter donnait au moins l’impression de maîtriser un bruit qui tirait toute la maisonnée du sommeil.

Un coq qui chante pendant l’Avent

Les Bretons assuraient que les coqs devenaient fous pendant l’Avent et qu’ils chantaient alors à toute heure. Dans le Finistère, on ne s’en effrayait donc pas, alors que la Haute-Bretagne y voyait un deuil annoncé.

Un coq qui chante sur le seuil

Dans la Meuse, le coq qui chantait sur le seuil de la maison était tenu pour un messager de malheur. Il choisit simplement un endroit dégagé et un peu surélevé, d’où sa voix porte loin.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le coq chante surtout à l’aube, guidé par son horloge interne, mais il peut aussi chanter la nuit, réveillé par une lumière, un bruit ou un autre coq. Son chant sert à affirmer sa présence face aux rivaux, si bien que les coqs d’un même hameau se répondent en série.

Ce que disent les croyances populaires

Poitou, Quercy, Basse-Bretagne

En Poitou et en Quercy, le coq qui chantait au milieu de la nuit annonçait un brouillard pour le lendemain ; en Basse-Bretagne, il indiquait une mort ou quelque calamité.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 222. Voir la page

Allier et pays de Lorient

Dans l’Allier, le coq entendu entre le coucher du soleil et minuit prédisait le décès d’un parent ou d’un ami ; aux environs de Lorient, il annonçait un mariage s’il chantait un nombre pair de fois, une mort si c’était un nombre impair.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 222. Voir la page

Bretagne

En Bretagne, on disait que les coqs étaient fous pendant l’Avent et chantaient à toute heure : dans le Finistère, on ne s’en effrayait pas, mais en Haute-Bretagne c’était le présage d’un décès.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 222. Voir la page

Meuse et Guernesey

Dans la Meuse, le coq qui chantait sur le seuil était un messager de malheur ; à Guernesey, la pêche manquait si le coq chantait à une heure extraordinaire.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 222. Voir la page

Pour réfléchir

La dernière fois qu’un groupe s’est emballé autour de toi, qui avait lancé le premier cri ?