Everyday Omens

Un moineau qui entre dans la maison

Un moineau qui entre dans la maison vient presque toujours chercher des miettes. Au XVe siècle, des moineaux nichant sur un toit promettaient prospérité et bonne fortune : l’oiseau qui sait vivre de peu.

Ce que cela peut signifier

Le moineau ne vit pratiquement qu’auprès des hommes. Il niche sous les tuiles, se nourrit de graines tombées, de miettes de terrasse, de tout ce que personne ne réclame. Quand il se faufile dans une cuisine par la porte ouverte, c’est pour une croûte oubliée sous la table. Les Évangiles des quenouilles voyaient dans ses nids sur une maison un présage de prospérité, alors que ceux des hirondelles annonçaient la pauvreté. Il y a dans ce petit oiseau un art de faire beaucoup avec peu : un reste devient un repas, un trou de mur devient un foyer. Sa débrouillardise quotidienne force le respect.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un moineau sur la terrasse d’un café

Il attend au bord de la table que tu te lèves, puis se sert. Les moineaux des villes connaissent les horaires des repas humains mieux que certains serveurs. Assez près pour profiter, assez loin pour filer : cette audace mesurée est tout un savoir-vivre.

Des moineaux qui piaillent sous le toit

Au XVe siècle, des moineaux qui jacassaient ou nichaient sur une maison promettaient du bon air et de la bonne fortune. Leur vacarme du matin, sous les tuiles, veut surtout dire qu’une petite colonie a trouvé là le gîte et le couvert.

Un moineau qui prend un bain de poussière

Il creuse une cuvette dans la terre sèche et s’y ébroue, plumes gonflées. Ce bain sans eau entretient son plumage. Pour faire sa toilette, il se sert de ce qu’il trouve sous ses pattes, et cela lui suffit très bien.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le moineau domestique vit en ville comme à la campagne, presque toujours près des maisons, des fermes et des terrasses. Il mange des graines, des miettes et, au printemps, des insectes pour nourrir ses petits. Une porte ouverte sur une pièce où traîne de la nourriture suffit à attirer les plus hardis.

Ce que disent les croyances populaires

Recueil satirique du XVe siècle

Au XVe siècle, les Évangiles des quenouilles tenaient pour un présage de pauvreté les hirondelles qui faisaient leur nid dans une maison, et pour un présage de prospérité celui des moineaux.

Source : Fouquart de Cambray, Antoine Duval et Jean d’Arras (attribution) ; éd. P. Jannet, Les Évangiles des quenouilles (texte du XVe siècle) (1855), p. 91. Voir la page

Recueil satirique du XVe siècle

Le même recueil affirmait que des moineaux qui jacassaient ou nichaient sur une maison promettaient du bon air et de la bonne fortune, alors que des pies jacassant au même endroit n’annonçaient rien de bon.

Source : Fouquart de Cambray, Antoine Duval et Jean d’Arras (attribution) ; éd. P. Jannet, Les Évangiles des quenouilles (texte du XVe siècle) (1855), p. 36. Voir la page

Bretagne

En Bretagne, un tableau populaire rangeait le moineau parmi les oiseaux faits par le diable, face au pinson et au rossignol, œuvres de Dieu.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 156. Voir la page

Pour réfléchir

Avec quels restes, quels bouts de temps ou d’idées, as-tu déjà su faire quelque chose de bon ?