Un chien qui hurle à la mort
Un chien qui hurle à la mort inquiétait déjà au XVe siècle, et dans les Ardennes on y lisait un deuil prochain. En réalité, ce long cri est d’abord un appel lancé vers les absents.
Ce que cela peut signifier
Au XVe siècle, on conseillait de se boucher les oreilles quand les chiens hurlaient, car ils apportaient de mauvaises nouvelles. Dans les Ardennes, un chien qui hurlait obstinément devant une maison annonçait un décès, même si personne n’y était malade. Le hurlement a pourtant une autre histoire. C’est un cri de contact, celui que lance l’animal resté seul quand son groupe est parti. Le chien qui hurle le soir dans une maison vide appelle ceux qui lui manquent. Entendu ainsi, ce long cri parle surtout d’attachement, et du besoin des autres.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un chien seul quand ses maîtres sont partis
Certains chiens supportent mal la solitude et hurlent longtemps après le départ de la famille. Les voisins l’entendent, pas les maîtres. Le savoir aide à regarder autrement le compagnon à quatre pattes qui gémit derrière la porte d’à côté.
Un chien qui hurle en entendant une sirène
La sirène des pompiers ou une note aiguë et prolongée déclenche chez beaucoup de chiens un long hurlement. Ils semblent répondre à un son qui rappelle la voix d’un congénère lointain.
Un chien qui hurle à la lune
On dit qu’il hurle à la lune, mais l’astre n’y est sans doute pour rien : la nuit est simplement plus calme, et sa voix porte plus loin. Le cri paraît alors plus lugubre qu’il ne l’est.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le hurlement est un moyen de communication à longue distance, hérité du loup : il sert à rassembler le groupe et à signaler sa présence. Chez le chien, il apparaît surtout quand il est seul, quand il entend un son aigu et prolongé, comme une sirène, ou quand d’autres chiens hurlent.
Ce que disent les croyances populaires
Recueil satirique du XVe siècle
Au XVe siècle, les Évangiles des quenouilles conseillaient de se boucher les oreilles quand on entendait les chiens hurler, car ils apportaient de mauvaises nouvelles ; il fallait au contraire écouter le cheval hennir.
Source : Fouquart de Cambray, Antoine Duval et Jean d’Arras (attribution) ; éd. P. Jannet, Les Évangiles des quenouilles (texte du XVe siècle) (1855), p. 49. Voir la page
Ardennes
Dans les Ardennes, le chien qui hurlait avec obstination devant une maison passait pour annoncer un décès, même si personne n’y était souffrant.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 100. Voir la page
Haute-Bretagne et Corse
En Haute-Bretagne, des chiens qui aboyaient avec force laissaient craindre qu’une personne de la maison ne meure prochainement ; la même croyance existait en Corse.
Source : Paul Sébillot, Coutumes populaires de la Haute-Bretagne (1886), p. 150. Voir la page
Normandie
En Normandie, celui qui apercevait un chien noir le matin, en sortant pour la première fois, devait retourner sur ses pas sans conclure aucune affaire.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 100. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle absence ressens-tu le plus ces temps-ci, et que te dit-elle de ce qui compte pour toi ?