Entendre le coucou pour la première fois
Entendre le coucou pour la première fois de la saison avec de l’argent en poche promettait de n’en pas manquer, en France comme en Wallonie. Ce premier chant poussait chacun à vérifier ce qu’il portait sur lui.
Ce que cela peut signifier
Le premier « coucou » de l’année arrive au printemps, d’un bois qu’on ne voit pas. Presque partout, il déclenchait le même geste : porter la main à sa poche. Celui qui avait de l’argent sur lui n’en manquerait pas de l’année ; celui qui n’avait rien serait pauvre jusqu’au printemps suivant. À Liège et en Gironde, on posait la main sur sa monnaie, ou l’on tenait une pièce entre ses dents. Ce réflexe a un charme particulier : une fois par an, un oiseau oblige à faire un petit inventaire. C’est l’occasion de regarder ce que l’on porte, au sens propre comme au figuré, en entrant dans la belle saison.
Selon la façon dont tu l’as vu
Entendre le coucou à jeun
En Haute-Bretagne et en Lorraine, celui qui l’entendait pour la première fois le ventre vide risquait de ne pas manger à sa faim de l’année. En Charente-Inférieure, vers 1839, les femmes faisaient manger leur mari avant de le laisser sortir. Commencer la saison rassasié était, en somme, la meilleure précaution.
Compter les « coucou »
Les jeunes filles des Deux-Sèvres demandaient au coucou dans combien d’années elles se marieraient, et comptaient ses cris. L’oiseau répète volontiers son appel des dizaines de fois de suite : de quoi décourager les plus impatientes.
Le coucou des pêcheurs
Les pêcheurs de Saint-Jacut, sur la côte nord de la Bretagne, le surnommaient « le parent » et le tenaient pour de bon augure. L’équipage du premier bateau qui l’apercevait lui lançait même une raie en offrande, persuadé d’avoir de la chance pendant la campagne.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le coucou gris passe l’hiver en Afrique et revient en France entre la fin mars et avril. Le mâle répète son « cou-cou » pour marquer son territoire. La femelle pond dans le nid d’autres petits oiseaux, qui élèvent le jeune coucou à la place de leurs propres petits.
Ce que disent les croyances populaires
France, Wallonie, Aoste, Guernesey
En France et en Wallonie, comme à Guernesey et dans la vallée d’Aoste, ceux qui avaient de l’argent sur eux en entendant le coucou pour la première fois n’en manqueraient pas de l’année ; sinon, ils seraient pauvres pendant le même temps.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 198. Voir la page
Liège, Gironde, Guernesey, Yonne
À Liège et en Gironde, pour s’assurer la chance, il était bon de poser la main sur son argent ou de tenir une pièce entre ses dents ; à Guernesey, on remuait l’argent dans sa poche, et dans l’Yonne on faisait une culbute.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 198. Voir la page
Haute-Bretagne, Lorraine, Charente
En Haute-Bretagne et en Lorraine, celui qui entendait le coucou à jeun risquait de ne pouvoir satisfaire son appétit de toute l’année ; vers 1839, en Charente-Inférieure, les femmes ne laissaient pas sortir leur mari sans qu’il ait mangé.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 197. Voir la page
Saint-Jacut (Côtes-du-Nord)
Les pêcheurs de Saint-Jacut appelaient le coucou « le parent » ; l’équipage du premier bateau qui le voyait lui jetait une raie, pour avoir de la chance pendant la campagne de pêche.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 198. Voir la page
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, on lui disait : « Coucou, coucou, ramène le temps doux. »
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 185. Voir la page
Pour réfléchir
Si tu faisais aujourd’hui l’inventaire de ce que tu portes avec toi, qu’est-ce qui te surprendrait ?