Everyday Omens

Voir un merle

Voir un merle traverser le chemin devant soi portait bonheur dans le Loiret. Sa façon d’avancer par courtes courses entrecoupées d’arrêts offre aussi une jolie image du rythme de tes journées.

Ce que cela peut signifier

Sur la pelouse, le merle ne marche pas. Il court quelques pas, s’arrête net, penche la tête, puis repart. Ce manège peut durer une heure sans qu’il paraisse jamais pressé. Chaque arrêt lui sert à vérifier ce qui bouge sous l’herbe avant de choisir où piquer du bec. Dans le Loiret, on se réjouissait de le voir couper la route devant soi. Sa méthode a de quoi inspirer les journées trop pleines : avancer par petites courses, puis s’arrêter assez longtemps pour regarder où l’on met les pieds. Ces haltes ne le ralentissent pas ; ce sont elles qui rendent chaque bond utile.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un merle qui traverse le chemin devant toi

Il file d’une haie à l’autre au ras du sol, en lançant volontiers un petit cri d’alarme. Dans le Loiret, cette traversée passait pour un heureux présage. Pour lui, c’est seulement un changement de coin : quand la terre d’ici ne donne plus rien, il va voir plus loin, et cela n’a rien d’une fuite.

Le chant du merle au crépuscule

Perché sur une antenne ou un faîtage, le mâle chante quand le jour baisse et compte parmi les derniers oiseaux à se taire. Ses phrases flûtées ne se répètent presque jamais à l’identique : il varie, reprend, invente. Quelques minutes d’écoute font une transition douce entre le travail et la soirée.

Un merle taché de blanc

Il arrive qu’un merle porte des plumes blanches, parfois en grand nombre : c’est un défaut de pigmentation. Un conte de l’Ain disait au contraire que l’oiseau était autrefois tout blanc et qu’il avait noirci pour avoir touché à l’or interdit. En français, un « merle blanc » désigne d’ailleurs une chose presque introuvable.

Une femelle brune

La femelle n’est pas noire mais brune, la gorge légèrement tachetée, au point qu’on la prend volontiers pour une grive. C’est elle qui bâtit le nid et couve. Le nom de « merle noir » ne décrit donc que la moitié de l’espèce, ce qu’on oublie facilement en regardant le jardin.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le merle noir fréquente jardins, parcs et haies, et cherche une bonne part de sa nourriture par terre : vers, insectes, baies. Il avance par bonds, puis s’immobilise, la tête penchée, pour repérer ses proies. Le mâle, noir au bec jaune orangé, chante de février à juillet, surtout aux premières et aux dernières lueurs du jour.

Ce que disent les croyances populaires

Loiret

Dans le Loiret, un merle qui traversait le chemin devant quelqu’un lui portait bonheur.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 191. Voir la page

Ain

Selon un conte de l’Ain, le merle était d’un blanc pur. Envoyé dans des cavernes pleines de trésors avec l’ordre de n’y pas toucher, il plongea le bec dans la poudre d’or ; la fumée du démon le noircit à jamais, sauf le bec, resté couleur d’or.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 158-159. Voir la page

Haute-Bretagne

En Haute-Bretagne, des merles qui galopaient en criant le long des haies annonçaient le froid.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 202. Voir la page

Sologne, XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, les Solognots disaient que le merle vivait peu parce qu’il dormait le derrière tourné au vent, au lieu de faire face au vent comme les autres oiseaux.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 186. Voir la page

Pour réfléchir

Dans ce que tu mènes en ce moment, où une courte halte t’aiderait-elle à mieux choisir la suite ?