Everyday Omens

Un crapaud devant la maison

Un crapaud devant la maison était bienvenu dans le pays de Liège, où il amenait la chance, et en Normandie on se gardait de lui nuire. Ce voyageur lent, fidèle à ses routes, mérite un peu d’attention.

Ce que cela peut signifier

Le crapaud n’a pas bonne mine, et il a longtemps payé cette apparence : on l’associait aux sorciers, on le croyait venimeux. Bien des campagnes le protégeaient pourtant. En Normandie, lui faire du mal attirait une disgrâce, car il passait pour l’ami des hommes ; en Vendée, on évitait de tuer ceux des jardins. Ce qui frappe surtout chez lui, c’est son obstination tranquille. Chaque printemps, il retourne pondre dans la mare où il est né, quitte à traverser une route et à marcher plusieurs nuits. Le trouver sur le seuil un soir de pluie, c’est croiser un voyageur lent qui sait exactement où il va.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un crapaud sur le seuil après la pluie

Il reste là, immobile, au bord du halo de lumière qui tombe de la porte. Chaque fois qu’une limace ou un insecte passe à portée, sa langue part d’un coup. Il peut attendre longtemps au même endroit, pourvu que la nuit reste humide.

Des crapauds qui traversent la route au printemps

Par les nuits douces et pluvieuses de février et de mars, ils migrent en nombre vers les mares. Dans plusieurs communes, des bénévoles les aident à franchir les routes avec des seaux et de petites barrières. Ce voyage têtu vers le point de départ ne manque pas de grandeur.

Un chant qui sort de terre

Aux environs de Dinan, on entendait parfois sortir de sous terre une musique délicieuse : c’étaient, disait-on, les crapauds qui chantaient. Le petit crapaud accoucheur lance en effet, la nuit, une note flûtée et claire, comme un tintement de clochette.

Un crapaud dans la cave

Il cherche la fraîcheur et l’humidité, en été ou pour hiverner à l’abri du gel. Dans le pays de Liège, le crapaud qui entrait dans une maison y amenait la chance ; il y trouve en tout cas un abri qui lui convient.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le crapaud commun vit dans les jardins, les bois et les prairies, et passe la journée caché sous une pierre ou une souche. La nuit, surtout par temps humide, il chasse limaces, vers et insectes. Au printemps, il revient pondre dans la mare où il est né, quitte à faire de longues traversées.

Ce que disent les croyances populaires

Pays de Liège et Gironde

Dans le pays de Liège, le crapaud qui entrait dans une maison y amenait la chance ; en Gironde, c’était la rainette qui portait bonheur au logis où elle entrait.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 264. Voir la page

Normandie, Saintonge, Côte-d’Or

Au XVIIe siècle, il devait arriver du bonheur à celui qui voyait un crapaud le matin ; vers 1900, c’était encore un présage de chance dans le Bocage normand et en Saintonge, alors qu’en Côte-d’Or on redoutait de voir un gros crapaud avant le déjeuner.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 266. Voir la page

Vendée, Normandie, Haute-Bretagne

En Vendée, on s’abstenait de tuer les crapauds des jardins, parce qu’ils empêchaient la brume de nuire aux plantes ; en Normandie et chez des paysans de Haute-Bretagne, faire du mal au crapaud, ami des hommes, attirait une disgrâce.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 280-281. Voir la page

Haute-Bretagne et Midi

En Haute-Bretagne, le crapaud répétait « Klouk ! klouk ! » pour annoncer la pluie, et l’on croyait la même chose dans le Midi.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 260. Voir la page

Pour réfléchir

Vers quoi avances-tu lentement, mais sans jamais douter de la direction ?