Everyday Omens

Croiser un renard

Croiser un renard a laissé peu de traces dans les présages français, en dehors de quelques mentions anciennes. La rencontre, nocturne la plupart du temps et parfois en pleine ville, peut surtout te parler d’adaptation et de discrétion.

Ce que cela peut signifier

Le renard a nourri bien plus de contes que de présages. Depuis le Roman de Renart, il incarne la ruse : c’est celui qui se tire d’affaire avec ce qu’il trouve. Le croiser aujourd’hui, c’est parfois le surprendre dans une rue de lotissement, entre deux poubelles, parfaitement à l’aise dans un monde qui n’a pas été construit pour lui. Il y a là quelque chose d’inspirant. Tout le monde doit un jour trouver sa place dans un milieu qui ne l’attendait pas, qu’il s’agisse d’une nouvelle équipe ou d’un autre pays. Le renard y arrive sans bruit, en observant d’abord, en prenant les chemins de traverse. Puis il disparaît, comme s’il n’avait jamais été là.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un renard en ville la nuit

Il trotte le long des trottoirs, connaît les jardins où tombent les fruits et les coins où personne ne passe. Sa réussite tient à une observation patiente de son quartier. Tu peux te demander ce que tu sais vraiment de ton propre voisinage, au-delà du trajet habituel.

Un renard en plein jour

Au printemps, les renardes qui nourrissent leurs petits chassent aussi pendant la journée. Ce surcroît d’activité visible vient d’un effort fait pour d’autres. On peut y reconnaître ces périodes où l’on sort de ses habitudes parce que quelqu’un dépend de nous.

Un renard qui traverse la route devant toi

Il s’arrête parfois au milieu, te jette un regard, puis repart sans se presser. Pendant une seconde, chacun attend de voir ce que l’autre va faire. Ces petits moments de négociation silencieuse existent aussi entre les personnes, au détour d’une conversation.

Un glapissement dans la nuit d’hiver

Le cri aigu de la renarde, en plein hiver, a de quoi glacer le sang. C’est pourtant la saison des amours : les renardeaux naîtront au début du printemps. Pendant que la campagne semble endormie, le renard suit son propre calendrier. Tes saisons à toi n’ont pas forcément à suivre celles des autres.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le renard roux est surtout actif au crépuscule et la nuit. Très adaptable, il vit aussi bien en forêt qu’en ville, où il trouve à manger dans les jardins et près des poubelles. En hiver, période des accouplements, il pousse des glapissements aigus qui peuvent ressembler à des cris humains.

Ce que disent les croyances populaires

France, XVIIe siècle

Un poème du XVIIe siècle range parmi les mauvais présages deux belettes et deux renards qui traversent le chemin, à côté d’un corbeau qui croasse. Paul Sébillot notait que cette superstition n’avait pas été relevée de son temps.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 23. Voir la page

Vallée d’Aoste (Italie)

Dans la vallée d’Aoste, un renard qui glapissait près des maisons passait pour annoncer la mort prochaine d’une personne du voisinage.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 26. Voir la page

Côtes-du-Nord

On appelait la lune « soleil des renards » dans les Côtes-du-Nord.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 40. Voir la page

Saintonge

En Saintonge, la vue d’un renard passait pour le signe de quelque imposture.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 26. Voir la page

Pour réfléchir

Dans quel milieu as-tu dû apprendre à te débrouiller, et qu’en as-tu gardé ?