Everyday Omens

Un chat qui s’installe chez soi

Un chat qui s’installe chez soi, on cherchait autrefois à le garder : au XVe siècle, il suffisait, disait-on, de lui beurrer les pattes trois soirs de suite. En Wallonie, pourtant, un chat inconnu trop câlin rendait méfiant.

Ce que cela peut signifier

Un chat qu’on ne connaît pas se frotte à tes jambes sur le pas de la porte, puis revient le lendemain. En Wallonie, on aurait accueilli cette affection soudaine avec méfiance : si un chat venait se faire caresser par une personne qu’il ne connaissait pas, celle-ci serait trahie. Au XVe siècle, d’autres cherchaient au contraire à retenir l’animal par de petits rites domestiques. Ces deux attitudes se retrouvent face à tout nouveau venu. On se méfie de la gentillesse trop rapide, ou l’on voudrait la garder à tout prix. Entre les deux, il y a la patience : laisser l’autre revenir de lui-même, jour après jour, et voir ce que la confiance devient avec le temps.

Selon la façon dont tu l’as vu

Du beurre sur les pattes

Les Évangiles des quenouilles, recueil du XVe siècle, conseillaient à qui voulait garder un bon chat de lui oindre de beurre les quatre pattes trois soirs de suite : il ne quitterait jamais la maison. L’animal passe alors un long moment à se lécher sur place, ce qui l’attache peut-être un peu plus au lieu.

Trois tours autour de la crémaillère

Une commère du même recueil prenait le chat, lui faisait faire trois tours autour de la crémaillère, puis lui frottait les pattes contre le mur de la cheminée. Le cœur de la maison, autour du feu, devenait ainsi son territoire.

Un chat solitaire à la porte

Au XVIe siècle, Ronsard notait que certains voyaient dans le chat solitaire « la fin d’une longue misère », et un bon présage dans le chat blanc qui flattait son maître. Le poète, qui n’aimait guère les chats, leur opposait un présage bien plus sombre : selon lui, le chat qui miaule annonçait une longue maladie.

Un chat qui repart

Dans le Hainaut, un chat qui quittait sans raison apparente le logis d’un malade était l’indice de sa fin prochaine. Un chat délaisse pourtant volontiers un lieu devenu agité, où il ne retrouve plus ses habitudes.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Un chat errant choisit un lieu pour la nourriture, l’abri et le calme qu’il y trouve, et il l’adopte peu à peu. Il le marque en frottant ses joues contre les meubles et les portes, où des glandes déposent son odeur. Il lui faut parfois plusieurs semaines pour considérer la maison comme la sienne.

Ce que disent les croyances populaires

Recueil satirique du XVe siècle

Au XVe siècle, les Évangiles des quenouilles affirmaient que la femme qui ne voulait jamais perdre son bon chat devait lui oindre de beurre les quatre pattes trois soirs de suite ; jamais il ne quitterait la maison.

Source : Fouquart de Cambray, Antoine Duval et Jean d’Arras (attribution) ; éd. P. Jannet, Les Évangiles des quenouilles (texte du XVe siècle) (1855), p. 77. Voir la page

Recueil satirique du XVe siècle

Le même recueil conseillait, pour qu’un chat ou une poule ne quitte pas la maison, de lui faire faire trois fois le tour de la crémaillère et de lui frotter les pattes contre le mur de la cheminée.

Source : Fouquart de Cambray, Antoine Duval et Jean d’Arras (attribution) ; éd. P. Jannet, Les Évangiles des quenouilles (texte du XVe siècle) (1855), p. 43. Voir la page

Wallonie

En Wallonie, on disait que si un chat venait se faire caresser par une personne qu’il ne connaissait pas, celle-ci serait certainement trahie, alors qu’un chien dans le même cas promettait la fidélité d’un ami.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 99. Voir la page

France, XVIe siècle

Au XVIe siècle, Ronsard rapportait que, pour certains, le chat blanc qui flattait son maître était bon signe, et que le chat solitaire marquait la fin d’une longue misère.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 99. Voir la page

Hainaut (Belgique)

Dans le Hainaut, lorsqu’un chat quittait sans raison apparente le logis d’un malade, c’était l’indice de la fin prochaine de celui-ci.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 101-102. Voir la page

Pour réfléchir

Quand quelqu’un de nouveau se montre tout de suite affectueux, comment l’accueilles-tu ?