Voir des dauphins ou des marsouins
Les marsouins aimaient les hommes, racontaient les Hauts-Bretons, parce qu’ils avaient été autrefois des marins de nos côtes. À Toulon, on ne les tuait pas : ils se plaçaient, croyait-on, entre l’homme et le requin.
Ce que cela peut signifier
Voir des dauphins ou des marsouins surgir près d’un bateau provoque presque toujours la même joie, comme une visite inattendue. En Haute-Bretagne, cette compagnie avait une explication : ces bêtes avaient été des marins, et elles suivaient les barques comme on raccompagne des collègues. À Toulon, on les croyait capables de s’interposer entre un homme et un requin. Ces récits parlent d’escorte et de fidélité. Il y a dans toute traversée, réelle ou non, des présences discrètes qui nagent à côté de nous, sans rien demander, et qu’on remarque surtout quand elles reviennent.
Selon la façon dont tu l’as vu
Des marsouins qui suivent la barque
Selon les Hauts-Bretons, les marsouins aimaient les hommes parce qu’eux-mêmes, jadis, avaient conduit des barques au lieu de les suivre : c’étaient les âmes des anciens marins de nos côtes. Ils restaient rancuniers et renversaient les barques de ceux qui leur avaient fait du mal.
Des sauts dans la houle
Un texte du XVe siècle voyait déjà dans les sauts des marsouins le présage d’une tempête. Plus tard, des guides de marins affirmaient que les marsouins nageaient vers le côté d’où le vent allait souffler.
Un protecteur contre le requin
À Toulon, on ne tuait pas les marsouins, parce que, croyait-on, quand un homme était menacé par un requin, ils venaient se placer entre lui et le squale.
Des marsouins le jour de Pâques
Les pêcheurs des Côtes-du-Nord évitaient de sortir le jour de Pâques : sinon, disait-on, les marsouins arrivaient et chassaient les maquereaux loin du rivage.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Sur les côtes françaises vivent surtout le marsouin commun, petit et discret, le dauphin commun et le grand dauphin. Les dauphins viennent volontiers nager à l’étrave des bateaux, en profitant de la vague que la coque pousse devant elle, et sautent hors de l’eau en groupe. Toutes trois bénéficient d’une protection légale en France.
Ce que disent les croyances populaires
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, on disait que les marsouins aimaient les hommes parce qu’eux-mêmes avaient jadis conduit des barques : c’étaient les âmes des anciens marins de nos côtes, et ils renversaient les barques de ceux qui leur avaient fait du mal.
Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. VII : Les mammifères sauvages, complément (1906), p. 162. Voir la page
Toulon
À Toulon, on ne tuait pas les marsouins, parce que, quand un homme était menacé par un requin, ils se plaçaient entre lui et le squale.
Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. VII : Les mammifères sauvages, complément (1906), p. 162. Voir la page
France, XVe siècle
Au XVe siècle, on disait : « Sautement des marsouins, signe de tempête » ; au XIXe siècle, un guide du marin notait que les marsouins se dirigeaient en général vers le côté d’où le vent allait souffler.
Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. VII : Les mammifères sauvages, complément (1906), p. 162. Voir la page
Côtes-du-Nord
Dans les Côtes-du-Nord, il ne fallait pas aller à la pêche le jour de Pâques, sinon les marsouins survenaient et éloignaient les maquereaux du rivage.
Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. VII : Les mammifères sauvages, complément (1906), p. 162. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle présence discrète t’accompagne depuis longtemps dans tes traversées, sans que tu lui aies vraiment dit ce qu’elle t’apporte ?