Trouver un coquillage
En Provence, un coquillage appelé « oreille de Madone » portait bonheur à celui qui l’approchait de son oreille. Sur les côtes, les enfants de pêcheurs lisaient leur avenir dans une coquille posée sur l’eau.
Ce que cela peut signifier
Le premier geste devant un coquillage ramassé sur la plage est presque toujours le même : le porter à son oreille pour « entendre la mer ». En Provence, ce geste suffisait à attirer la chance, à condition d’écouter une oreille de Madone. Ce que l’on entend dans la coquille ne vient pourtant pas du large : c’est le bruit tout proche de l’endroit où l’on se tient, amplifié par la forme creuse. L’attention change un bruit banal en grand large. Bien des choses ordinaires autour de nous, une voix, un lieu, une habitude, prennent une autre profondeur quand on les écoute d’aussi près.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une coquille contre l’oreille
En Provence, une coquille appelée oreille de Madone, à cause de sa forme, portait bonheur à celui qui l’approchait de son oreille. Les amoureux en déposaient aussi une, dans un sachet, sur un autel, en jurant fidélité.
Une coquille posée sur l’eau
Sur les côtes de Haute-Bretagne, les enfants de pêcheurs posaient une coquille sur la mer : celui dont la coquille restait à flot réussirait ; si elle coulait, il serait malheureux. En la lançant, ils lui demandaient de leur faire connaître leur sort.
Des coquilles Saint-Jacques à bord
Autrefois, les bateliers de Trébeurden gardaient des coquilles Saint-Jacques dans un coffre à l’avant du bateau. Si une tempête se levait, chacun prenait une coquille et essayait d’apaiser les vagues.
Des moules qui retiennent
Une vieille légende de la Charente-Inférieure voulait que ceux qui mangeaient certaines moules de ce rivage n’aient plus ensuite qu’une envie : ne jamais quitter le pays.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Un coquillage est le squelette extérieur d’un mollusque, fait surtout de calcaire ; après la mort de l’animal, les vagues le roulent et le déposent sur le sable. Le « bruit de la mer » qu’on y entend est celui de l’air ambiant : la cavité résonne et amplifie certaines fréquences des sons qui nous entourent, si bien qu’un bol ou une main en creux produisent un effet proche.
Ce que disent les croyances populaires
Provence
En Provence, une coquille appelée, à cause de sa forme, oreille de Madone portait bonheur à celui qui l’approchait de son oreille.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 362. Voir la page
Provence
En Provence, les amoureux déposaient sur un autel une oreille de Madone dans un sachet, en faisant le serment d’être fidèles à celui dont ils prononçaient le nom.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 362. Voir la page
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, les petits pêcheurs tiraient des présages des coquilles qu’ils mettaient à l’eau : celui dont la coquille restait à flot réussirait ; si elle coulait, il serait malheureux.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore des pêcheurs (1901), p. 17-18. Voir la page
Trébeurden (Côtes-du-Nord)
Autrefois, les bateliers de Trébeurden enfermaient des coquilles Saint-Jacques dans un coffre à l’avant du bateau ; si une tempête s’élevait, chacun s’armait d’une coquille et essayait de conjurer les vagues.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 362. Voir la page
Charente-Inférieure
Une vieille légende de la Charente-Inférieure voulait que ceux qui mangeaient certaines moules cueillies sur ce rivage aient ensuite le désir ardent de ne plus quitter le pays.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 362. Voir la page
Pour réfléchir
Quel bruit de tous les jours mériterait que tu l’écoutes d’aussi près qu’un coquillage ?