Un bourdon dans la maison
Un bourdon dans la maison, au printemps, est presque toujours une reine sortie d’hibernation qui cherche où fonder sa colonie. Son vol pataud peut te rappeler la force tranquille qu’il faut pour se lancer.
Ce que cela peut signifier
Le bourdon n’a rien de gracieux. Rond et velu, il semble toujours voler un peu de travers. Pourtant, il sort par des matins frais où les abeilles restent encore à l’abri, et il butine sans relâche. Celui qui entre chez toi au début du printemps est en général une reine : elle a passé l’hiver seule sous terre et cherche maintenant, sans aucune aide, l’endroit où bâtir toute une colonie. Il y a du courage dans ce tableau. Les débuts ressemblent rarement à un vol élégant ; ils sont lourds et hésitants. Le bourdon montre qu’on peut avancer sans grâce et arriver quand même là où il faut.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une grosse reine au début du printemps
Elle inspecte les coins, les trous, les tas de linge, à la recherche d’un nid. Son exploration méthodique fait penser à la façon dont on cherche sa place : un logement, un travail, un groupe d’amis.
Un bourdon qui vrombit contre le carreau
Il vrombit fort, insiste, recommence. Une fois la fenêtre ouverte, il repart vers les fleurs du jardin comme si rien ne s’était passé. Sa façon de tourner la page aussitôt a de quoi faire envie, les jours où tu ressasses une contrariété déjà finie.
Un bourdon immobile au sol
Quand il fait froid, il doit faire vibrer ses muscles pour se réchauffer avant de repartir. Cette pause n’est pas un abandon mais une préparation. Il y a des immobilités qui servent à reprendre des forces.
Un gros insecte noir aux ailes bleutées
On l’appelle volontiers bourdon noir, mais c’est une abeille charpentière, le xylocope, qui creuse son nid dans le bois mort. Un vieux piquet ou une poutre de cabane lui suffit, et elle y revient d’une année sur l’autre. Ce gros insecte bruyant est en fait une abeille solitaire, qui ne pique presque jamais.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Au printemps, les reines de bourdons sortent d’hibernation et cherchent un ancien trou de souris, une touffe d’herbe ou un coin de grenier pour fonder leur colonie : elles entrent alors volontiers dans les maisons. Velus, les bourdons volent par temps frais en réchauffant leurs muscles. Le mâle de l’abeille domestique s’appelle faux-bourdon, ce qui a longtemps entretenu la confusion.
Ce que disent les croyances populaires
Plusieurs régions de France
En plusieurs régions de France, on croyait que le bourdon était le mâle de l’abeille.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 303. Voir la page
Pour réfléchir
Qu’as-tu commencé sans personne, sans savoir si d’autres suivraient ?