Une abeille dans la maison
Une abeille dans la maison est une butineuse égarée, attirée par une fleur, un parfum ou la lumière. En Haute-Bretagne, l’écraser chez soi faisait fuir toute la ruche : sa visite appelle plutôt la délicatesse.
Ce que cela peut signifier
Une abeille seule n’existe presque pas. Elle appartient à une colonie de milliers de sœurs, et tout ce qu’elle fait sert au groupe, du nectar rapporté à la ruche jusqu’aux soins donnés aux larves. Égarée dans ta cuisine, elle se retrouve coupée de tout ce qui lui donne un sens. La Haute-Bretagne croyait que, si on en écrasait une volontairement dans la maison, toutes les autres quittaient la ruche, comme si chaque abeille portait en elle le lien avec l’ensemble. Cette idée parle de la manière dont un geste envers une seule personne touche tout un réseau de proches. On ne blesse jamais vraiment quelqu’un isolément.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une abeille qui se cogne à la vitre
Elle cherche la lumière pour rentrer chez elle. Ses allers-retours contre le verre montrent la force qui la pousse à rejoindre les siens. Quels lieux ou quelles personnes exercent sur toi ce même appel quand tu t’éloignes trop longtemps ?
Une abeille épuisée sur le sol
Loin de la ruche, elle a dépensé ses réserves et ne peut plus repartir. Ce tableau fait penser à ces moments où l’on a trop donné sans se ressourcer, et où le mieux est de se poser.
Une abeille sur les fleurs d’un bouquet
Elle a suivi le parfum jusque dans la maison, sans se soucier des murs. Les abeilles retiennent les odeurs des fleurs qui les nourrissent. Quelles odeurs de ton enfance te ramènent encore aujourd’hui vers un lieu ou une personne ?
Une abeille qui file vers toi
À Guernesey, le pêcheur qui voyait en partant une abeille voler dans la même direction que lui s’attendait à une belle pêche ; si elle venait à sa rencontre, l’augure était mauvais. Une butineuse chargée rentre à la ruche par le chemin le plus direct : la croiser, c’est simplement couper sa route.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Une abeille domestique peut entrer par une fenêtre ouverte en suivant l’odeur de fleurs coupées, de fruits ou de boissons sucrées, puis rester piégée en cherchant la lumière. Loin de sa colonie, elle s’épuise vite. Au printemps, une partie de la colonie quitte parfois la ruche avec l’ancienne reine : c’est l’essaimage, qui forme une grappe bruyante sur une branche ou un mur.
Ce que disent les croyances populaires
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, si une abeille avait été écrasée volontairement dans la maison, toutes les autres quittaient la ruche.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 307. Voir la page
Côte-d’Or, Wallonie et Normandie
En Côte-d’Or et en Wallonie, celui qui tuait une mouche à miel était puni par le bon Dieu ; en Normandie, il compromettait sa chance.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 307. Voir la page
Guernesey
À Guernesey, le pêcheur qui voyait en partant une abeille voler dans la même direction que lui s’attendait à une belle pêche ; si elle venait à sa rencontre, l’augure était mauvais.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 325. Voir la page
Vosges
Dans les Vosges, quand il allait pleuvoir, les abeilles se tenaient à la porte de leur ruche.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 326. Voir la page
Pour réfléchir
Dans quel groupe sens-tu que tu as vraiment ta place, et qu’y rapportes-tu ?