Everyday Omens

Un tic-tac dans les murs

Les petits coups secs qu’on entend la nuit dans une vieille boiserie ont un nom ancien : l’« horloge de la mort ». La croyance, répandue en France et en Suisse romande, en faisait l’annonce d’un deuil ; c’est en réalité un petit insecte.

Ce que cela peut signifier

Le jour, personne ne l’entend. Il faut le silence complet de la nuit pour que ce petit tic-tac sorte du bois, régulier, presque mécanique. Autrefois, on passait des nuits entières au chevet d’un malade, et c’est peut-être dans ces heures d’attente qu’on a appris à l’entendre et à le redouter. Un bruit minuscule prend toute la place quand rien d’autre ne l’occupe : une remarque blessante de l’après-midi, une inquiétude de santé, une phrase qu’on se répète. Savoir que l’attention grossit ce qu’elle écoute aide parfois à rendre au tic-tac sa vraie taille, celle d’un insecte dans une poutre.

Selon la façon dont tu l’as vu

Des coups secs la nuit dans une boiserie

En France comme en Suisse romande, ces petits coups dans les boiseries faisaient craindre qu’un proche ne meure bientôt. On surnommait l’insecte l’horloge de la mort ; les Bas-Bretons parlaient du petit marteau de la mort.

Le même bruit quelques jours de suite

Dans la Creuse, on croyait autrefois que ce bruit précédait de quelques jours seulement le décès de celui qui l’entendait, ou qu’il venait d’un défunt qui réclamait des messes.

Un tic-tac quand le temps change

Du côté de Penguily, les paysans prêtaient le bruit aux araignées : quand le temps changeait, disait-on, elles faisaient « tac-tac », comme un balancier d’horloge.

Un grignotement dans le noir

À Labresse, en Lorraine, c’était un mauvais présage d’entendre pendant la nuit une araignée manger quelque chose. Le moindre bruit dans le noir était ainsi attribué à une petite bête.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Ce tic-tac vient en général de la grosse vrillette, un petit coléoptère dont les larves creusent le vieux bois de charpente. Au printemps, les adultes frappent le bois avec la tête pour se trouver entre mâles et femelles, par petites séries de coups. Le bois des maisons craque aussi en séchant ou en refroidissant la nuit.

Ce que disent les croyances populaires

France et Suisse romande

D’après une croyance commune à la France et à la Suisse romande, les coups secs que la vrillette frappe dans les boiseries étaient un pronostic de mort : on l’appelait l’Horloge de la mort, et les Bas-Bretons le Petit marteau de la mort.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 323. Voir la page

Creuse

Dans la Creuse, on croyait autrefois que ce bruit précédait de quelques jours seulement le décès de celui qui l’entendait, ou qu’il était fait par un défunt qui réclamait des messes.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 323. Voir la page

Penguily (Haute-Bretagne)

À Penguily, les araignées passaient pour être de mauvais augure, et quand le temps changeait, elles faisaient « tac-tac », comme un balancier d’horloge.

Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 283. Voir la page

Labresse (Lorraine)

À Labresse, en Lorraine, c’était un mauvais présage d’entendre pendant la nuit une araignée manger quelque chose.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 323. Voir la page

Pour réfléchir

Quel petit bruit, dans le silence, a pris chez toi plus de place qu’il n’en méritait ?