Everyday Omens

Une bougie qui s’éteint toute seule

Une bougie qui s’éteint sans raison apparente annonçait un malheur pour la famille réunie autour, disait-on au Luxembourg. Dans le Mentonnais, une lampe presque éteinte qui se rallumait faisait plutôt attendre des nouvelles ou un visiteur.

Ce que cela peut signifier

Quand la seule lumière de la pièce était une chandelle, tout le monde la surveillait. Sa flamme qui baissait, se couchait ou disparaissait d’un coup se remarquait aussitôt, et l’on cherchait une raison à cette obscurité soudaine. La plupart des lectures étaient sombres. Celle du Mentonnais regardait plutôt la suite : la flamme qui faiblit puis repart annonçait des nouvelles. On connaît ce moment ailleurs que devant une bougie, avec une amitié qui s’essouffle par exemple. Ce qui semblait fini peut encore reprendre, pour peu qu’on l’abrite des courants d’air.

Selon la façon dont tu l’as vu

Une bougie qui s’éteint sans courant d’air

Au Luxembourg, disait-on, il arrivait malheur à la famille rassemblée autour de la chandelle quand celle-ci s’éteignait sans qu’on en connaisse la raison. En général, la mèche trop courte s’est simplement noyée dans la cire fondue.

Une flamme qui vacille puis repart

Dans le Mentonnais, si la lampe s’éteignait presque et se rallumait ensuite, il fallait s’attendre, sous trois jours, à du courrier ou à quelqu’un à la porte. C’est la lecture la plus souriante de toutes.

Le cierge des mariés

À l’église, on regardait les cierges posés près des époux. Dans le Maine, un cierge qui brûlait droit sans s’éteindre promettait le bonheur ; un cierge qui tremblait, des querelles de ménage. À Quimper, celui qui s’éteignait pendant la cérémonie inquiétait beaucoup pour l’époux placé devant.

Deux bougies qui ne brûlent pas au même rythme

À Quimper, le cierge le plus brillant indiquait une longue vie, et deux cierges bien clairs une longue vie pour les deux époux. En Loir-et-Cher, on observait plutôt lequel se consumait le plus vite.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Une bougie s’éteint seule quand sa mèche, trop courte ou mal centrée, se noie dans la cire fondue, quand l’air manque dans un photophore étroit, ou quand un courant d’air presque imperceptible passe sous une porte. Une flamme qui baisse puis remonte suit simplement la quantité de cire que la mèche arrive à aspirer.

Ce que disent les croyances populaires

Grand-Duché de Luxembourg

Au Luxembourg, il arriverait un malheur dans la famille assemblée autour de la chandelle si celle-ci s’éteignait sans qu’on en connaisse le motif.

Source : Charles Bivort, « Traditions et superstitions du Grand-Duché de Luxembourg », Revue des traditions populaires, t. XII (1897), p. 333. Voir la page

Mentonnais (Alpes-Maritimes)

Dans le Mentonnais, si la lampe s’éteignait presque et puis se rallumait, on attendait une lettre ou une visite avant trois jours.

Source : J. B. Andrews, « Traditions, superstitions et coutumes du Mentonnais », Revue des traditions populaires, t. IX (1894), p. 258. Voir la page

Quimper (Finistère)

À Quimper, si l’un des cierges s’éteignait pendant la cérémonie du mariage, l’époux placé devant mourrait dans l’année, disait-on ; le cierge le plus brillant indiquait au contraire une longue vie.

Source : H. Le Carguet, « Petites croyances des Quimpéroises », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 194. Voir la page

Maine

Dans le Maine, quand le cierge placé à côté des mariés brûlait bien droit sans s’éteindre, c’était un présage de bonheur ; s’il tremblait, de querelles de ménage ; s’il s’éteignait, de mort.

Source : Mme Destriché, « Folk-lore du Maine », Revue des traditions populaires, t. XXIII (1908), p. 195. Voir la page

Loir-et-Cher

En Loir-et-Cher, on disait que celui des deux époux dont le cierge serait le plus vite consumé mourrait le premier.

Source : François Houssay, « Coutumes et superstitions du Loir-et-Cher », Revue des traditions populaires, t. XV (1900), p. 374. Voir la page

Pour réfléchir

Qu’est-ce qui a vacillé chez toi ces derniers temps et mériterait d’être rallumé ?