Se couper les ongles le vendredi
Se couper les ongles le vendredi était déconseillé près de Dinan, où ce jour était consacré à la Vierge, et le dimanche passait pour pire encore. Ces interdits dessinent des jours à part, sans petites corvées.
Ce que cela peut signifier
Près de Dinan, on rangeait les ciseaux deux jours par semaine. Le dimanche, se tailler les ongles revenait à « donner du pain bénit au diable », et le vendredi, jour consacré à la Vierge, était lui aussi à éviter. Collin de Plancy notait de son côté que les bonnes gens fuyaient les jours dont le nom contient un r. À force d’interdits, il ne restait plus beaucoup de jours possibles ! Derrière ces règles se dessine une idée simple : certains jours méritent d’échapper aux petites corvées de soin et de rangement. Garder un jour sans tâches domestiques, quel qu’il soit, protège un peu de temps pour autre chose.
Selon la façon dont tu l’as vu
Le vendredi
Près de Dinan, on évitait de se couper les ongles le vendredi, jour consacré à la Vierge. Ce jour a longtemps eu une place à part dans le calendrier, celle d’un jour maigre. Repousser un petit soin au lendemain ne coûte rien, et donne à la fin de semaine un rythme différent.
Le dimanche
Le dimanche, se tailler les ongles revenait, dans le pays de Dinan, à « donner du pain bénit au diable ». Le jour du repos se gardait jusque dans les plus petits gestes, ceux qu’on fait d’ordinaire sans y penser.
En lune croissante ou en décours
En Haute-Bretagne, un vieux dicton réglait le geste sur la lune : coupés pendant le croissant, les ongles repoussaient vite, et coupés pendant le décours, ils se faisaient oublier. Le dicton promettait ainsi moins de travail à qui sortait les ciseaux au bon moment.
Les jours qui ont un r
Le Dictionnaire infernal de Collin de Plancy signalait qu’on évitait de se rogner les ongles le mardi, le mercredi et le vendredi, sous peine de voir venir des envies aux doigts. Il avouait lui-même ne pas comprendre la raison de cette règle.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Les ongles des mains poussent d’environ trois millimètres par mois, un peu plus vite en été et sur la main dont on se sert le plus. Leur croissance ne dépend pas du jour de la semaine où on les coupe.
Ce que disent les croyances populaires
Haute-Bretagne (pays de Dinan)
Près de Dinan, se tailler les ongles le dimanche revenait à « donner du pain bénit au diable ».
Source : Paul Sébillot, Coutumes populaires de la Haute-Bretagne (1886), p. 356. Voir la page
France, XIXe siècle
Au XIXe siècle, Collin de Plancy rapportait que, selon les bonnes gens, se rogner les ongles un jour dont le nom contient un r, comme le mardi, le mercredi ou le vendredi, faisait venir des envies aux doigts.
Source : J. Collin de Plancy, Dictionnaire infernal, 6e édition (1863), p. 445, article « Mardi ». Voir la page
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, on disait : « Si on coupe les ongles dans l’crêssent, faut les couper souvent ; coupez-les dans l’décoû, vous ne les couperez pas beaucoup. »
Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 355. Voir la page
Pour réfléchir
Quel jour de ta semaine aimerais-tu garder libre de toute petite corvée ?