Un oignon coupé laissé dans la maison
Ne jamais laisser dans une maison une moitié d’oignon épluché et inutilisée, conseillait une femme de Sarzeau, dans le Morbihan : la maladie et le malheur y entreraient. En Gironde, un oignon entamé laissé sur la table portait malheur.
Ce que cela peut signifier
Un demi-oignon oublié près de l’évier ne fait de mal à personne, mais il dit qu’une tâche est restée en plan. Les croyances de Bretagne et de Gironde en faisaient une porte ouverte au malheur, comme si ce qui traîne entamé finissait par peser sur toute la maison. Il y a du vrai dans cette impression. Les tâches entamées puis abandonnées s’accumulent sans bruit et encombrent l’esprit autant que la cuisine. Les ranger ou les terminer soulage plus qu’on ne l’imagine.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un demi-oignon oublié dans la cuisine
Une femme de Sarzeau, dans le Morbihan, affirmait qu’il ne fallait jamais laisser dans une maison une moitié d’oignon épluché et inutilisée : on y verrait à coup sûr entrer la maladie et le malheur.
Un oignon entamé sur la table
En Gironde, un oignon entamé laissé sur la table portait malheur. Coupé, il sèche, s’oxyde et répand son odeur dans toute la pièce, comme pour montrer qu’il attend d’être utilisé ou rangé.
Des oignons salés la nuit de Noël
Dans les Vosges, la veille de Noël, on coupait six oignons en deux pour obtenir douze petites coupes, une par mois, avec une pincée de sel au fond. Huit jours plus tard, le sel resté sec annonçait un mois sec, le sel fondu un mois pluvieux. En Alsace, à Lauterbourg, on traçait douze anneaux dans un seul gros oignon.
Des pelures fines ou épaisses
Près de Liège, quand les pelures d’oignon étaient peu épaisses, l’hiver serait doux. On en jugeait en épluchant les oignons de la récolte, à l’automne.
Une tresse d’oignons
En Franche-Comté, une glane d’oignons signifiait un amour trompé. Dans les Hautes-Alpes, on ornait d’oignons le mai planté devant la porte d’un amoureux éconduit.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Une fois coupé, l’oignon libère des composés soufrés qui piquent les yeux et sentent fort, puis sa chair s’oxyde et se dessèche. Les dictons sur ses pelures viennent de l’observation des récoltes : leur épaisseur dépend surtout de la variété et des conditions de culture de l’été, pas de l’hiver à venir.
Ce que disent les croyances populaires
Sarzeau (Morbihan)
À Sarzeau, dans le Morbihan, une femme affirmait qu’il ne fallait jamais laisser dans une maison une moitié d’oignon épluché et inutilisée, sous peine d’y voir entrer à coup sûr la maladie et le malheur.
Source : H. de Kerbeuzec, « Traditions et superstitions de Basse-Bretagne, XXXIX : L’oignon fatal », Revue des traditions populaires, t. XXIII (1908), p. 145. Voir la page
Gironde
Suivant la croyance girondine, un oignon entamé laissé sur la table portait malheur.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 471. Voir la page
Vosges
Dans les Vosges, la veille de Noël, au son de la messe de minuit, on coupait six oignons pelés en deux, on nommait les douze moitiés d’après les mois et l’on y déposait une pincée de sel ; huit jours après, le sel resté sec annonçait un mois sec, le sel fondu un mois mouillé.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 511-512. Voir la page
Alsace (Lauterbourg) et Meuse
Dans le canton de Lauterbourg, en Alsace, on traçait la nuit de Noël douze anneaux dans un grand oignon et l’on y semait du sel, pour lire le jour des Rois les mois secs et les mois mouillés ; dans la Meuse, le sel était posé sur douze pelures d’oignon.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 512. Voir la page
Pays de Liège (Belgique)
Aux environs de Liège, lorsque les pelures d’oignon étaient peu épaisses, l’hiver serait doux.
Source : Alfred Harou, « Notes sur les traditions et les coutumes de la province de Liège (suite) », Revue des traditions populaires, t. XVII (1902), p. 376. Voir la page
Hautes-Alpes et Franche-Comté
Dans les Hautes-Alpes, on ornait d’oignons le mai planté devant la porte d’un amant éconduit ; en Franche-Comté, une glane d’oignons signifiait un amour trompé.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 517. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle petite chose commencée traîne chez toi, et que faudrait-il pour la finir ou la ranger ?