Quand il pleut à la Saint-Médard
« Quand il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jours plus tard » : le dicton courait toute la France, avec sa réplique, « à moins que saint Barnabé ne lui coupe l’herbe sous le pied ».
Ce que cela peut signifier
Le 8 juin, une averse, et voilà quarante jours de pluie promis. Le proverbe est sombre, mais il porte en lui sa propre réponse : « à moins que saint Barnabé ne lui coupe l’herbe sous le pied ». Le 11 juin peut tout effacer. Cette petite clause d’exception est le plus beau de l’affaire. Elle refuse qu’un seul jour décide de toute une saison. Quand une mauvaise journée semble promettre un mois difficile, il reste toujours un Barnabé possible, une rencontre ou simplement un réveil plus léger, capable de couper l’herbe sous le pied aux prévisions les plus noires.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une averse le 8 juin
Au début de juin, les averses orageuses sont fréquentes et le temps change vite d’un jour à l’autre. Une pluie ce jour-là ne dit rien des semaines suivantes ; la mémoire retient surtout les étés pluvieux qui ont suivi un 8 juin mouillé, et oublie les autres.
Médard, faucheur et marchand de parapluies
En Franche-Comté, on racontait que Médard, avant d’être évêque, était un faucheur qui avait fini un immense pré en une soirée, juste avant quarante jours de pluie. Un conte de Haute-Bretagne en faisait un marchand de parapluies, rival de saint Barnabé qui vendait des ombrelles. Ces récits prêtent aux saints du calendrier des métiers et des rivalités bien humaines.
Saint Gervais, le 19 juin
En Franche-Comté, si saint Barnabé manquait sa mission, saint Gervais, le 19 juin, remettait les choses en place ; on disait pourtant aussi que s’il pleuvait ce jour-là, il pleuvrait quarante jours après. Chaque date avait son contrepoids, et l’on pouvait toujours espérer la suivante.
Le 8 juin à la campagne
Pour les foins qui commençaient et les moissons qui approchaient, une longue période de pluie pouvait tout gâcher : on comprend que les paysans aient guetté ce jour. En Haute-Bretagne, on expliquait même ces quarante jours d’ondées par l’anniversaire du déluge.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le dicton n’a pas de valeur de prévision : le temps d’un seul jour ne fixe pas celui des semaines suivantes. Il exprime plutôt une inquiétude des campagnes, pour qui une période pluvieuse en juin et juillet pouvait compromettre les foins et les récoltes.
Ce que disent les croyances populaires
France (dicton répandu)
Un proverbe répandu dans toute la France disait : « Quand il pleut le jour Saint Médard, il pleut quarante jours plus tard, à moins que saint Barnabé ne lui coupe l’herbe sous le pied. »
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 122. Voir la page
France, XVIIe siècle
En 1618, le Calendrier des bons laboureurs ne parlait que de saint Médard et assurait, d’après les anciens, que s’il pleuvait ce jour-là la pluie pouvait durer trente jours.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 122. Voir la page
Franche-Comté
En Franche-Comté, saint Gervais, le 19 juin, remettait les choses en place si saint Barnabé manquait à sa mission ; on disait pourtant aussi que s’il pleuvait ce jour-là, il pleuvrait quarante jours après.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 122. Voir la page
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, ces quarante jours de pluie s’expliquaient par l’anniversaire du déluge, et un petit conte faisait de saint Médard un marchand de parapluies et de saint Barnabé un marchand d’ombrelles.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 123. Voir la page
Franche-Comté
En Franche-Comté, on racontait que saint Médard, avant d’être évêque, était faucheur ; il acheva en une soirée un pré immense, et aussitôt la pluie se mit à tomber pendant quarante jours.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. I : Le ciel et la terre (1904), p. 123. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle mauvaise journée as-tu laissée décider de toute une période, alors qu’un lendemain pouvait tout changer ?