Les hirondelles volent bas
Quand les hirondelles volent bas, la pluie approche : le dicton se disait en Haute-Bretagne, dans le Nord et en Poitou. L’oiseau ne prévoit rien : il suit les insectes, et c’est ce lien qui rend le dicton juste.
Ce que cela peut signifier
Les anciens avaient raison, mais pas pour la raison qu’ils croyaient. L’hirondelle ne sent pas la pluie venir ; elle chasse. Quand l’air devient lourd et humide, les petits insectes volent plus près du sol, et l’oiseau descend les y chercher. Le présage n’est que le dernier maillon d’une chaîne : l’air change, les moucherons s’abaissent, l’hirondelle suit. Bien des indices de la vie courante fonctionnent de la même manière. Une humeur qui baisse chez un proche, une équipe qui ralentit : avant d’y lire une prédiction, mieux vaut remonter d’un maillon et chercher ce qui a fait descendre les choses.
Selon la façon dont tu l’as vu
Des hirondelles qui rasent un champ
Elles passent à quelques centimètres de l’herbe, virent brusquement, repassent. On les croirait en train de jouer ; chaque passage leur sert en fait à happer des insectes en plein vol. Par une chaude soirée d’été, un orage n’est alors plus très loin.
Des hirondelles très haut dans le ciel
Dans les Vosges, des hirondelles qui s’élevaient à perte de vue annonçaient le beau temps. Par temps sec et chaud, l’air qui monte emporte les insectes en hauteur, et leurs chasseuses avec eux. Le même oiseau dit le contraire selon l’étage où il chasse.
Des hirondelles qui frôlent l’eau
Noël du Fail, auteur breton du XVIe siècle, voyait dans l’hirondelle qui vole près de l’eau un présage de pluie. Au-dessus d’une rivière ou d’un étang, elles boivent aussi en vol, en touchant la surface du bec, sans jamais se poser.
Des martinets qui crient en bande
Plus sombres, avec de longues ailes en forme de faux, les martinets passent volontiers pour des hirondelles. Ils chassent eux aussi les insectes en plein ciel et descendent quand l’air s’alourdit.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Les hirondelles et les martinets se nourrissent d’insectes attrapés en vol. Par beau temps, ces insectes sont portés en hauteur par les courants d’air chaud ; quand l’humidité augmente avant une averse, ils volent plus bas, et les oiseaux descendent avec eux. Le dicton repose donc sur une observation juste.
Ce que disent les croyances populaires
Haute-Bretagne et Poitou
En Haute-Bretagne, des hirondelles qui volaient en rasant la terre annonçaient la pluie ; la même croyance était notée en Poitou.
Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 184. Voir la page
Nord
Dans le Nord, on disait en patois : « Quin chés arondelles volent à tierre, adiu l’poussière » (quand les hirondelles volent à terre, adieu la poussière).
Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. II : Les oiseaux sauvages (1879), p. 315. Voir la page
France, XVIe siècle
Au XVIe siècle, Noël du Fail rapportait que l’hirondelle volant près de l’eau prédisait la pluie, et volant en l’air, le beau temps.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 201. Voir la page
Vosges
Dans les Vosges, des hirondelles qui s’élevaient à perte de vue présageaient du beau temps.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 202. Voir la page
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, des moucherons qui volaient en troupe près du sol annonçaient de l’eau, et ceux qui volaient haut, le temps sec.
Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 291. Voir la page
Pour réfléchir
Quel changement autour de toi as-tu pris pour un présage, alors qu’il avait peut-être une cause toute simple ?