Trouver un chapelet par terre
Un chapelet trouvé ne se gardait pas, sous peine de malheur : telle était la règle en Haute-Bretagne. À Liège, on ne ramassait pas un chapelet tombé sur la voie publique, de peur de prendre avec lui les peines des autres.
Ce que cela peut signifier
Un chapelet n’est pas un objet perdu comme un autre. Il a été tenu, compté grain après grain, parfois pendant des années, et il garde quelque chose de la personne qui l’a usé. Les croyances bretonnes et liégeoises partaient de là : on ne gardait pas ce qui portait les prières ou les peines de quelqu’un d’autre. Le respect y tenait autant que la peur du malheur. Certaines trouvailles (une lettre, une photo, un bijou gravé) appartiennent si visiblement à une vie qui n’est pas la nôtre qu’on hésite à les mettre dans sa poche. Cette hésitation est déjà une forme d’égard.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un chapelet sur le trottoir
À Liège, il ne fallait pas ramasser un chapelet trouvé sur la voie publique : on aurait ramassé en même temps les peines des autres.
Le garder ou non
En Haute-Bretagne, la personne qui trouvait un chapelet ne devait pas le garder, car cela portait malheur. La règle s’arrêtait là : elle ne disait pas ce qu’il fallait en faire.
Prier avec le chapelet d’un autre
Les Hauts-Bretons pensaient que, si l’on priait avec le chapelet bénit de quelqu’un d’autre, les prières n’étaient pas pour celui qui les disait, mais pour le propriétaire du chapelet.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Un chapelet se perd facilement : il glisse d’une poche ou d’un sac, se casse quand le fil s’use, et on le retrouve fréquemment près d’une église, d’un cimetière ou d’un lieu de pèlerinage. C’est aussi un objet de souvenir, reçu en cadeau à un baptême ou à une communion, que son propriétaire cherche parfois longtemps.
Ce que disent les croyances populaires
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, quand une personne trouvait un chapelet, elle ne devait pas le garder, ou cela portait malheur.
Source : Paul Sébillot, « Additions aux coutumes, traditions et superstitions de la Haute-Bretagne », Revue des traditions populaires, t. VII (1892), p. 164. Voir la page
Liège (Belgique)
À Liège, il ne fallait pas ramasser un chapelet trouvé sur la voie publique, car on aurait ramassé les peines des autres.
Source : communication d’Alfred Harou, « Notes et enquêtes : Trouver un chapelet sur la voie publique », Revue des traditions populaires, t. XXI (1906), p. 224. Voir la page
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, quand on disait ses prières sur un chapelet bénit appartenant à un autre, les prières n’étaient pas pour la personne qui les disait, mais pour le propriétaire du chapelet.
Source : Paul Sébillot, « Additions aux coutumes, traditions et superstitions de la Haute-Bretagne », Revue des traditions populaires, t. VII (1892), p. 164. Voir la page
Pour réfléchir
Qu’as-tu déjà trouvé qui portait visiblement l’histoire de quelqu’un d’autre, et qu’en as-tu fait ?