Marcher sur la queue d’un chat
Marcher sur la queue d’un chat retardait le mariage d’un an : c’était, selon Rolland, une superstition générale en France. À Quimper, on parlait de sept ans, et les jeunes filles du Loir-et-Cher comptaient les miaulements.
Ce que cela peut signifier
Le chat se faufile entre les jambes, s’allonge là où l’on passe, et un jour le pied tombe sur sa queue : cri, fuite, et un peu de honte. Les campagnes ont fait de cette maladresse un retard amoureux : d’un an presque partout, de sept ans à Quimper, où l’on ajoutait malicieusement que les vieilles filles dorlotaient leurs matous de peur de leur marcher dessus. La croyance faisait sourire autant qu’elle inquiétait. Il arrive qu’on donne à une petite maladresse un poids démesuré, comme si elle allait tout compromettre. En général, une excuse au chat suffit, et la vie reprend son cours.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un an de retard
Selon Eugène Rolland, c’était une superstition générale en France : celui qui marchait sur la queue d’un chat ne trouverait pas à se marier avant une année accomplie. Les Deux-Sévriens et les Vendéens du Bocage fixaient eux aussi le retard à un an.
Sept ans à Quimper
À Quimper, marcher sur la queue d’un chat condamnait à rester sept ans vieille fille. L’auteur ajoutait que cela expliquait pourquoi les vieilles filles aimaient tant dorloter leurs matous.
Compter les miaulements
Une jeune fille du Loir-et-Cher devait prendre garde à ne pas marcher sur la queue du chat : autant de fois le chat miaulerait, autant d’années elle devrait attendre un mari.
Bien soigner son chat
À l’inverse, on disait à Pamproux, dans les Deux-Sèvres, que celui ou celle qui soignait bien les chats aurait un joli mari ou une jolie femme ; dans le Gâtinais, un homme marié s’entendait dire : « Comme il aime son chat, il aime sa femme. »
Pourquoi cela arrive dans la nature
Les chats aiment se coucher sur les passages, près des pieds, là où il y a de la chaleur ou de l’attention, et leur queue traîne derrière eux. Elle est mobile et sensible : marcher dessus provoque un cri et une fuite immédiate, ce qui rend l’incident très marquant pour tout le monde.
Ce que disent les croyances populaires
France (croyance générale)
Selon Eugène Rolland, c’était une superstition générale en France : si quelqu’un marchait sur la queue d’un chat, il ne pourrait pas trouver à se marier avant un an accompli.
Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. IV : Les mammifères domestiques, 1re partie (1881), p. 112. Voir la page
Quimper (Finistère)
À Quimper, marcher sur la queue d’un chat condamnait à rester sept ans vieille fille, ce qui expliquait, disait l’auteur, pourquoi les vieilles filles aimaient tant dorloter leurs matous.
Source : H. Le Carguet, « Petites croyances des Quimpéroises », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 193. Voir la page
Loir-et-Cher
Selon un usage du Loir-et-Cher, la jeune fille devait prendre garde de marcher sur la queue du chat, car autant de fois il miaulerait, autant d’années elle devrait attendre un mari.
Source : François Houssay, « Coutumes et superstitions du Loir-et-Cher », Revue des traditions populaires, t. XV (1900), p. 373. Voir la page
Deux-Sèvres (Poitou)
Dans les Deux-Sèvres, la personne célibataire qui marchait sur la queue d’un chat retardait son mariage d’un an.
Source : R.-M. Lacuve, « Contribution au folk-lore du Poitou (Département des Deux-Sèvres) », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 322. Voir la page
Bocage vendéen
Dans le Bocage vendéen, les jeunes gens qui marchaient sur la queue du chat ne se mariaient pas dans l’année.
Source : Jehan de la Chesnaye, « Coutumes et superstitions populaires du Bocage vendéen », Revue des traditions populaires, t. XVIII (1903), p. 464. Voir la page
Pamproux (Deux-Sèvres)
À Pamproux, celui ou celle qui soignait bien les chats aurait un joli mari ou une jolie femme ; dans le Gâtinais, on disait d’un homme marié : « Comme il aime son chat, il aime sa femme. »
Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. IV : Les mammifères domestiques, 1re partie (1881), p. 112. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle maladresse récente as-tu prise trop au sérieux, comme si elle allait tout retarder ?