Everyday Omens

Trouver une amande double (philippine)

Trouver deux amandes dans la même coque, c’est trouver une philippine. On en partageait une avec son voisin de table, et le lendemain, le premier qui disait « Bonjour Philippine ! » à l’autre recevait un petit cadeau.

Ce que cela peut signifier

Une amande double ne présage rien de grave : elle lance un jeu. Deux convives se partagent la trouvaille, puis chacun guette l’autre jusqu’au lendemain pour lancer le premier « Bonjour Philippine ! » Pendant ce temps, on pense à quelqu’un, on prépare son coup, on s’attend à être pris de vitesse. Ce petit pacte crée un lien d’un jour entre deux personnes parfois à peine connues. Les complicités naissent volontiers ainsi, d’un hasard partagé et d’une règle un peu absurde que seuls deux joueurs connaissent.

Selon la façon dont tu l’as vu

Au dessert, deux amandes dans une coque

Aux environs de Lille, le convive qui trouvait deux amandes dans la même coque en offrait une à sa voisine ; le premier des deux qui, après minuit, criait « Philippine ! » à l’autre recevait un cadeau. Le jeu était en usage à Paris à la fin du XIXe siècle.

Le lendemain matin

Selon Rolland, celui des deux qui, le lendemain, disait le premier à l’autre « Philippe, bonjour ! » ou « Philippine, bonjour ! » recevait du perdant un petit cadeau.

Garder l’amande sur soi

Dans le Pas-de-Calais, quand deux convives trouvaient chacun une amande double, ils devaient la garder sur eux. À la première demande, celui qui ne l’avait plus devait un cadeau à l’autre.

Un fruit double et des jumeaux

En Poitou, une femme qui avalait un fruit à deux noyaux sous la même enveloppe aurait, croyait-on, des jumeaux ; à Menton, il suffisait qu’une femme enceinte trouve un fruit double. En Poitou encore, on ne devait manger que la moitié d’un fruit double, sous peine de malheur.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Dans la fleur d’amandier, l’ovaire contient en général deux ovules, mais un seul devient une amande. Quand les deux se développent, on trouve deux amandes plus plates, serrées côte à côte dans la même coque. Le phénomène existe aussi chez d’autres fruits à coque.

Ce que disent les croyances populaires

Environs de Lille, Paris

Aux environs de Lille, quand un convive trouvait au dessert deux amandes dans la même écaille, il en offrait une à sa voisine ; le premier des deux qui, après minuit, criait à l’autre « Philippine ! » en recevait un cadeau. Le jeu était en usage à Paris vers la fin du XIXe siècle.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 411. Voir la page

France

Rolland expliquait qu’on appelait philippine une amande double : deux convives se la partageaient, et le lendemain celui qui disait le premier « Philippe, bonjour ! » ou « Philippine, bonjour ! » recevait du perdant un petit cadeau.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. V (1904), p. 277. Voir la page

Pas-de-Calais

Dans le Pas-de-Calais, quand deux convives trouvaient chacun une amande double, ils devaient la porter sur eux ; à la demande, le premier qui ne l’avait plus devait un cadeau à l’autre.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. V (1904), p. 277. Voir la page

Poitou et Mentonnais

En Poitou, la femme qui avait mangé un fruit ayant deux noyaux sous la même enveloppe aurait des jumeaux ; à Menton, il suffisait pour cela qu’une femme enceinte trouve un fruit double.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 391. Voir la page

Poitou

En Poitou, il fallait, sous peine de malheur, ne manger que la moitié d’un fruit double.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 391. Voir la page

Pour réfléchir

Avec qui partages-tu un petit jeu ou une règle secrète qui te rend plus attentif à l’autre ?