Une année à noisettes
Une année riche en noisettes serait riche en mariages, disait-on dès le XVIe siècle. En Basse-Bretagne, le jeune homme qui se mariait cette année-là aurait beaucoup d’enfants ; en Franche-Comté, il naîtrait surtout des filles.
Ce que cela peut signifier
Rolland donnait lui-même la clé de ces dictons : quand l’année était belle, il y avait beaucoup de noisettes au bois, et garçons et filles y allaient les chercher ensemble. La cueillette servait de prétexte aux rencontres, loin du regard des parents. Les liens se nouent rarement dans les grandes déclarations. Ils naissent plus volontiers quand on fait quelque chose ensemble, les mains occupées, et que la conversation vient toute seule.
Selon la façon dont tu l’as vu
Des noisetiers chargés en août
En 1560, un auteur écrivait qu’on disait couramment qu’une très grande récolte de noisettes présageait une année fertile en mariages. Les jeunes gens partaient ensemble au bois pour la cueillette, et la promenade faisait le reste.
Une année de noisettes, une année de filles
Un dicton comtois affirmait : « Année de nesilles, année de filles. » En Charente-Inférieure, l’année où il y avait beaucoup de noisettes, il naissait, disait-on, plus de filles que de garçons.
Se marier l’année des noisettes
En Basse-Bretagne, si un garçon entrait en ménage au cours d’une année abondante en noisettes, il aurait beaucoup d’enfants. L’abondance des haies passait ainsi au foyer.
Des noisettes offertes par un amoureux
Dans les Hautes-Vosges, la jeune fille qui acceptait des noisettes de son amoureux ne devait pas les casser avec ses dents pendant la semaine qui précédait la Toussaint. Au pays de Verviers, une noisette vide et desséchée parmi celles qu’on offrait révélait la mauvaise volonté du donateur.
Pourquoi cela arrive dans la nature
La récolte des noisetiers varie beaucoup d’une année à l’autre. Elle dépend surtout du temps qu’il fait à la floraison, dès février, quand le vent transporte le pollen des chatons, puis des gelées et de la sécheresse de l’été. Les écureuils, les loirs et les geais prélèvent aussi leur part.
Ce que disent les croyances populaires
France, XVIe siècle
En 1560, Bruyerinus rapportait le dicton courant selon lequel une très abondante récolte de noisettes annonçait une année très fertile en mariages. Rolland ajoutait que, les belles années, garçons et filles allaient ensemble chercher les noisettes au bois.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 192. Voir la page
Franche-Comté et Charente-Inférieure
En Franche-Comté, on disait : « Année de nesilles, année de filles » ; en Charente-Inférieure, l’année où il y avait beaucoup de noisettes, il naissait plus de filles que de garçons.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 192. Voir la page
Basse-Bretagne
En Basse-Bretagne, si un garçon entrait en ménage au cours d’une année abondante en noisettes, il aurait beaucoup d’enfants.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 192. Voir la page
Hautes-Vosges
Dans les Hautes-Vosges, une jeune fille qui acceptait des noisettes de son amoureux ne devait pas les casser avec ses dents pendant la semaine précédant la Toussaint, sans quoi ses dents seraient gâtées pour Noël et tombées pour Pâques.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 194. Voir la page
Pays de Verviers (Belgique)
Au pays de Verviers, on redoutait les noisettes, et l’on croyait à la mauvaise volonté du donateur si, parmi les noisettes offertes, il s’en trouvait une desséchée dans son écale.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 196. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle activité partagée t’a fait connaître quelqu’un mieux que de longues conversations ?