Everyday Omens

Une libellule dans la maison

Une libellule dans la maison est presque toujours une chasseuse égarée, entrée derrière une proie. La voir de si près permet de regarder autrement un insecte que les campagnes craignaient sans raison.

Ce que cela peut signifier

Longtemps, la libellule a fait peur. Les gens des Côtes-du-Nord l’appelaient aiguille du diable. En Basse-Bretagne, son nom breton voulait dire aiguille-serpent, et en Wallonie on la traitait de scorpion. Pourtant, elle ne pique pas et ne porte aucun venin. Quand l’une d’elles bourdonne contre ta vitre, tu as sous les yeux la preuve qu’une réputation peut durer très longtemps sans le moindre fondement. Ses grands yeux qui couvrent presque toute sa tête ne cherchent qu’une sortie vers la lumière. Les vieux noms, eux, ont survécu bien plus longtemps que la peur qui les avait fait naître.

Selon la façon dont tu l’as vu

Une libellule qui se pose sur toi

Près d’un étang, il arrive qu’une libellule choisisse un bras ou une épaule pour se reposer. Pour elle, tu n’es qu’un perchoir tiède et immobile. Ces quelques secondes montrent qu’un être farouche s’approche volontiers de ce qui reste tranquille. Tu peux te demander dans quelles situations ta propre agitation tient les autres à distance.

Une libellule d’un bleu vif

Chez plusieurs espèces, le bleu vif est la couleur des mâles, qui patrouillent sans relâche au-dessus de leur coin d’eau. Ce bleu-là, c’est celui d’un territoire défendu. Tu peux y voir l’espace que tu protèges, à la maison ou au travail, et l’énergie que cette garde te demande chaque jour.

Une libellule rouge en septembre

Les petites libellules rouges, les sympétrums, volent tard dans la saison et s’éloignent parfois beaucoup de l’eau. En voir une en septembre, c’est croiser un insecte qui profite des derniers jours tièdes. Qu’aimerais-tu mener à bien avant que l’automne ne s’installe ?

Une libellule qui se cogne à la fenêtre

Elle voit la lumière du dehors, pas le verre. Elle recommence, encore et encore, au même endroit. Ce petit acharnement ressemble à certaines de nos habitudes : insister contre une porte fermée alors qu’une autre est ouverte un peu plus loin. Ouvrir grand la fenêtre suffit en général à la libérer.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Les libellules chassent en vol des mouches et des moustiques. Une fenêtre ouverte près d’un jardin ou d’un point d’eau suffit pour qu’une chasseuse entre à la poursuite d’une proie, puis se heurte à la vitre en cherchant la lumière. Elles n’ont ni dard ni venin : les plus grandes peuvent tout au plus pincer un doigt avec leurs mâchoires.

Ce que disent les croyances populaires

Côtes-du-Nord et Haute-Bretagne

Dans les Côtes-du-Nord, on appelait la libellule « aiguille du diable ». En Haute-Bretagne, les lavandières qui redoutaient sa piqûre récitaient une conjuration pour éloigner cet « agent du diable ».

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 304. Voir la page

Wallonie (Belgique)

En Wallonie, où on la nommait « marteau du diable », on croyait que la libellule qui frappait quelqu’un au front lui présageait la mort dans l’année.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 324. Voir la page

Vosges

Dans les Vosges, des libellules qui volent à la surface de l’eau passaient pour un présage de pluie.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 326. Voir la page

Pour réfléchir

Qu’évites-tu encore aujourd’hui uniquement parce qu’on t’a appris à t’en méfier quand tu étais enfant ?