Une nuée de moucherons
Dans les Ardennes, quand les moucherons tournaient le soir en grand nombre autour de quelqu’un, on disait qu’il avait oublié de dire ses prières. En Haute-Bretagne, leurs piqûres servaient plutôt à prévoir la pluie.
Ce que cela peut signifier
Une petite nuée de moucherons qui danse obstinément au-dessus de ta tête, et qui te suit quand tu avances, a quelque chose de comique et d’agaçant à la fois. Les Ardennais y voyaient le reproche d’une chose oubliée : les prières du soir. L’image parle encore, même sans prière. Une tâche laissée en suspens, un message sans réponse, une promesse faite en passant, tout cela peut tourner autour de nous des jours durant, sans faire de mal, mais sans nous laisser tout à fait tranquilles. Il suffit parfois de s’en occuper pour que la petite nuée se dissipe.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une nuée qui te suit le soir
Dans les Ardennes, les moucherons qui voltigeaient le soir en grand nombre autour d’une personne indiquaient, disait-on, qu’elle avait oublié de dire ses prières.
Des moucherons qui piquent
En Haute-Bretagne, les moucherons appelés guibets piquaient les gens quand le temps était à la pluie, plus fort encore quand l’orage menaçait, et laissaient tout le monde tranquille par temps sec.
Des moucherons à Noël
En Franche-Comté, un Noël assez doux pour voir voler des moucherons ne présageait rien de bon pour la suite : « À Noël les moucherons, à Pâques les glaçons. »
Pour s’en débarrasser
Dans la Creuse, pour être préservé toute l’année des piqûres de moucherons, on lançait du bouillon au plafond le jour du carnaval. Les petits Poitevins, eux, s’entendaient dire que les moucherons les dévoreraient s’ils mangeaient de la soupe ce soir-là.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Les petites nuées qui dansent au crépuscule sont en majorité des essaims de mâles de moucherons non piqueurs, réunis pour attirer les femelles. Ils se rassemblent au-dessus d’un repère bien visible (un buisson, un piquet ou une tête) et suivent ce repère s’il se déplace. Ces essaims se forment surtout par temps calme, près de l’eau ou de la végétation.
Ce que disent les croyances populaires
Ardennes
Dans les Ardennes, les moucherons qui voltigeaient le soir en grand nombre autour d’une personne indiquaient qu’elle avait oublié de dire ses prières.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 325. Voir la page
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, les guibets, sorte de moucherons, piquaient les gens quand le temps était à la pluie, plus dur quand il était à l’orage, et laissaient le monde tranquille quand il était au sec.
Source : Paul Sébillot, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne, t. II (1882), p. 291. Voir la page
Franche-Comté
Un dicton comtois prévenait : « À Noël les moucherons, à Pâques les glaçons », un Noël doux faisant craindre des gelées tardives au printemps.
Source : Charles Beauquier, « Les mois en Franche-Comté », Revue des traditions populaires, t. XIV (1899), p. 668. Voir la page
Creuse
Dans la Creuse, pour être préservé toute l’année de la piqûre des moucherons, on lançait du bouillon au plafond le jour du carnaval.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 313. Voir la page
Poitou
En Poitou, les enfants s’entendaient dire que les « mussets », les moucherons, les dévoreraient s’ils mangeaient de la soupe le soir du carnaval.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 313. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle petite chose laissée en suspens te tourne autour depuis quelques jours ?