Everyday Omens

Un papillon qui se pose sur moi

Un papillon qui se pose sur toi cherche souvent les sels de ta peau ou un peu de chaleur. Autrefois, on courait plutôt après le premier papillon de l’année pour se marier dans l’année : ici, c’est lui qui vient à toi.

Ce que cela peut signifier

D’ordinaire, on court après les papillons. Les vieux usages de Haute-Bretagne ou de Bigorre racontaient qu’attraper le premier de l’année promettait un mariage ou une trouvaille. Quand un papillon se pose de lui-même sur ta main, la scène s’inverse : tu n’as rien attrapé, il est venu. Le premier réflexe est de vouloir le garder, de refermer doucement les doigts. Ce moment invite à faire l’inverse et à garder la main ouverte. Ce qui arrive sans qu’on le poursuive ne se retient pas, il se reçoit. Les quelques secondes où il reste là valent justement par leur fragilité, et par le fait qu’il peut repartir à tout instant.

Selon la façon dont tu l’as vu

Sur la main

Tu le vois de très près : les antennes, la trompe qui se déroule pour goûter ta peau. Ce privilège dure peu. Il peut te rappeler de profiter pleinement d’un moment sans chercher à le prolonger ou à le photographier.

Sur l’épaule ou dans les cheveux

Tu ne le vois pas ; c’est quelqu’un d’autre qui te le signale. Certaines belles choses qui nous arrivent, ce sont les autres qui les remarquent en premier. Écouter ce qu’ils voient chez toi peut te surprendre.

Sur un vêtement coloré

Il a peut-être été attiré par une couleur vive ou une odeur de lessive. Il s’est trompé de fleur, tout simplement. Cette méprise amusante rappelle que l’on attire parfois les autres pour des raisons très éloignées de ce qu’on imagine.

Un papillon qui revient plusieurs fois

Il s’envole, tourne, se repose au même endroit. Il a trouvé là ce qu’il cherchait, sans doute un peu de sel. Cette fidélité têtue fait penser aux personnes qui reviennent vers toi parce qu’elles trouvent auprès de toi ce qui leur manque.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Beaucoup de papillons ont besoin de sels minéraux qu’ils ne trouvent pas dans le nectar. Ils les puisent dans la boue humide, et parfois dans la transpiration d’une main ou d’un bras. Une peau chaude, un vêtement clair ou parfumé peuvent aussi les attirer quelques instants.

Ce que disent les croyances populaires

Environs de Rennes, XVIe siècle

Au XVIe siècle, Noël du Fail notait cet usage des environs de Rennes : « Qui veult estre marié en l’an prenne le premier papillon qu’il verra », autrement dit, qui veut se marier dans l’année doit attraper le premier papillon qu’il voit.

Source : Paul Sébillot, Coutumes populaires de la Haute-Bretagne (1886), p. 365. Voir la page

Bigorre

Dans la Bigorre, le premier papillon pris par une jeune fille était l’indice certain qu’elle se marierait dans l’année.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 308. Voir la page

Wallonie (Belgique)

En Wallonie, attraper le premier papillon promettait de trouver quelque chose près de l’endroit où on l’avait capturé.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 308. Voir la page

Pour réfléchir

Qu’est-ce que tu poursuis en ce moment, qui viendrait plus facilement si tu le laissais approcher ?