Entendre le pic vert
Entendre le pic vert annonçait la pluie un peu partout en France, d’où ses surnoms d’« avocat des meuniers » ou d’« oiseau de la pluie ». On disait aussi qu’il allait vérifier si son coup avait traversé l’arbre.
Ce que cela peut signifier
Une croyance très répandue prétendait que le pic, après avoir frappé un arbre, faisait le tour du tronc pour voir s’il l’avait transpercé. Il contourne bien les troncs, mais pour chercher des insectes. L’image paysanne mérite pourtant d’être gardée. Combien de fois donne-t-on un conseil ou fournit-on un gros effort sans jamais aller voir, de l’autre côté, ce que cela a produit ? Le pic imaginaire des campagnes ne se contente pas de frapper fort ; il vérifie. Après un message délicat ou un travail rendu, faire le tour du tronc permet de savoir si l’on a été entendu, et s’il faut frapper encore ou changer d’endroit.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un cri qui ressemble à un rire
Le pic vert lance une série de notes sonores qu’on compare volontiers à un éclat de rire. En Lorraine, d’autres y entendaient le hennissement d’un poulain, et l’oiseau y gagna le surnom de « poulain de bois ».
Un pic vert sur la pelouse
Contrairement aux autres pics, il se nourrit beaucoup au sol, où il fouille les fourmilières de sa très longue langue collante. On le voit sautiller dans l’herbe rase, la tête rouge dressée entre deux coups de bec.
Avant l’averse
Un proverbe du Sud-Ouest assurait que le chant du pic annonçait la pluie ou le vent. Les meuniers, dont les moulins attendaient l’eau, avaient toutes les raisons de guetter ce cri, d’où le surnom d’« avocat des meuniers » que l’oiseau portait du Calvados à la Bourgogne.
Un tambourinage dans les bois
Au printemps, le roulement rapide qu’on entend dans les bois est surtout celui du pic épeiche, qui frappe le bois sec pour marquer son territoire. Le pic vert tambourine peu et se fait plutôt remarquer par son cri.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le pic vert vit dans les bois clairs, les vergers et les parcs. Il se nourrit surtout de fourmis, qu’il attrape au sol avec une langue très longue et collante, et creuse sa loge dans du bois tendre ou malade. Son cri sonore porte loin, au printemps surtout.
Ce que disent les croyances populaires
Jura, Normandie, Centre, Savoie
Parce que son cri passait pour annoncer la pluie, on appelait le pic vert « pic de la pluie » dans le Jura, « avocat des meuniers » dans le Calvados, en Normandie, dans le Centre, en Bourgogne et en Sologne, et « oiseau de la pluie » à Chambéry.
Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. II : Les oiseaux sauvages (1879), p. 60. Voir la page
Sud-Ouest et Eure-et-Loir
Un proverbe du Sud-Ouest disait que le chant du pic annonçait la pluie ou le vent ; en Eure-et-Loir, on assurait que le cri du pivert prévenait de la pluie.
Source : Eugène Rolland, Faune populaire de la France, t. II : Les oiseaux sauvages (1879), p. 61. Voir la page
France (croyance répandue)
D’après une croyance très répandue, le pivert, après avoir donné un coup de bec dans un arbre, allait de l’autre côté du tronc pour voir s’il l’avait traversé.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 188. Voir la page
Gironde
Les paysans de la Gironde racontaient que le pivert, seul oiseau à avoir refusé d’aider à creuser les mers, les fleuves et les fontaines, fut condamné à ne boire que l’eau de pluie happée en l’air.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 166. Voir la page
France, XVIe siècle
Au XVIe siècle, Noël du Fail écrivait : « Le pivert infailliblement chante devant la pluye. »
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 201. Voir la page
Pour réfléchir
Après ton dernier effort important, as-tu pris le temps de vérifier ce qu’il avait vraiment produit ?