Voir une huppe fasciée
Voir une huppe fasciée réjouit l’œil, mais les campagnes se moquaient de son nid malodorant. En Poitou, qui entendait la première huppe de l’année le ventre vide se donnait des coups de pied dans les chevilles.
Ce que cela peut signifier
Une tradition de Franche-Comté explique la mauvaise réputation de son nid. À la sortie de l’arche, Noé donna à tous les oiseaux une leçon sur la manière de bâtir. Il oublia la huppe, qui se tenait timidement à l’écart. Quand elle osa enfin demander avec quoi construire le sien, il répondit « avec de l’or », puis « avec de l’argent ». Elle n’entendit pas, redemanda, et Noé, impatienté, lui lança le premier mot grossier venu, qu’elle prit au pied de la lettre. L’histoire fait sourire, et elle touche juste. Rester en retrait par discrétion expose à l’oubli, puis à ne recevoir que les restes. Poser sa question tôt, et assez fort, peut changer la réponse.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une huppe qui dresse sa crête
Posée au sol, elle replie sa crête vers l’arrière ; inquiète, ou au moment de se poser, elle la déploie en éventail, rousse et ourlée de noir. On la voit surtout dans les prés ras, les vergers et les vignes, où elle sonde la terre de son long bec courbe.
Le chant « houp-houp-houp »
Son chant est une série de notes sourdes, « houp-houp-houp », qui portent loin au printemps. En Charente, on lui faisait dire : « Puput, puput, puput, jhe seu bêle, mais mon nid put », c’est-à-dire « je suis belle, mais mon nid pue ».
La première huppe de l’année
Chez les Poitevins, la première huppe entendue avant d’avoir mangé obligeait à se donner en marchant des coups de pied dans les chevilles. En Saintonge, son premier chant faisait que les femmes se coiffaient de travers, parfois toute l’année.
Une huppe et un pic
Une légende de Haute-Bretagne voulait que la huppe ait sauvé le pivert pendant une traversée de la mer : chaque fois qu’il s’endormait, elle criait « Houpe ! houpe ! » pour le tenir éveillé. Par reconnaissance, le pic creuse depuis des trous dans les arbres, où la huppe vient nicher.
Pourquoi cela arrive dans la nature
La huppe fasciée hiverne au sud du Sahara, puis revient nicher dans un trou d’arbre, de mur ou de vieux bâtiment, surtout dans le sud et l’ouest de la France. Pour décourager les prédateurs, la femelle et les jeunes produisent une sécrétion à l’odeur forte, et le nid est peu entretenu, d’où sa réputation.
Ce que disent les croyances populaires
Franche-Comté
D’après une tradition de la Franche-Comté, Noé, en apprenant aux oiseaux à bâtir leur nid au sortir de l’arche, oublia la huppe, restée timidement à l’écart ; quand elle répéta sa question, il lui répondit, impatienté, par un mot grossier, d’où la saleté de son nid.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 171. Voir la page
Haute-Bretagne et Charente
En Haute-Bretagne, on faisait répéter à la huppe que son nid sentait mauvais, et en Charente on traduisait son chant par : « Puput, puput, puput, jhe seu bêle, mais mon nid put. »
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 171. Voir la page
Poitou
En Poitou, celui qui entendait la huppe pour la première fois à jeun ne pouvait s’empêcher de se donner en marchant des coups de pied dans les chevilles.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 197. Voir la page
Saintonge
En Saintonge, le premier chant de la huppe faisait que les femmes se coiffaient de travers, parfois pendant toute l’année.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 197-198. Voir la page
Normandie
Les paysans normands disaient que les petits de la huppe, devenus grands, se dépouillaient d’une partie de leurs plumes pour vêtir leurs parents glacés par l’âge, et leur apportaient chaque jour leur nourriture.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 176. Voir la page
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, la huppe passait pour la compagne du pivert : pendant une traversée de la mer, elle l’avait empêché de s’endormir en criant « Houpe ! houpe ! », et depuis il creusait pour elle des trous dans les arbres.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 177. Voir la page
Pour réfléchir
Dans quel groupe te tiens-tu tellement en retrait qu’on finit par t’oublier ?