L’ail porte-bonheur
Un peu d’ail sur le berceau préservait l’enfant des maléfices, disait-on dans le Mentonnais. En Provence, l’ail grillé sous les braises du feu de juin passait pour un porte-bonheur, et en Poitou, il promettait de l’argent le 1er mai.
Ce que cela peut signifier
Impossible d’ignorer l’ail. Son odeur s’impose dès qu’on le coupe, et c’est sans doute pour cela qu’on lui prêtait le pouvoir d’éloigner les sorts. Dans les Landes, il servait aussi à parler : une gousse posée dans l’assiette d’un prétendant suffisait à lui faire comprendre qu’il pouvait se retirer. Personne n’avait à prononcer le mot qui fâche. Dire non reste l’un des exercices les plus délicats qui soient. Les anciens avaient trouvé là une manière claire, sans éclat de voix, de laisser l’autre repartir la tête haute.
Selon la façon dont tu l’as vu
De l’ail près du berceau
Dans le Mentonnais, un peu d’ail posé sur le lit d’un nourrisson passait pour le préserver des maléfices. Son odeur, à elle seule, devait suffire à tenir à distance ce qu’on redoutait.
De l’ail grillé à la Saint-Jean
En Provence, on enfouissait des gousses d’ail sous la cendre chaude du grand feu de juin, et les enfants les mangeaient au déjeuner. Elles passaient pour porter bonheur et protéger des sortilèges.
De l’ail le 1er mai
En Poitou, pour avoir beaucoup d’argent, on mangeait le 1er mai un brin d’ail et l’on se frottait les lèvres avec une pièce de vingt francs, une pièce d’or à l’époque.
Une gousse d’ail dans l’assiette
Dans les Landes, si lors d’une demande en mariage l’un des parents présentait au jeune homme une gousse d’ail sur une assiette, il n’avait plus qu’à se retirer. Le refus était clair, sans un mot.
Pourquoi cela arrive dans la nature
L’odeur forte de l’ail apparaît quand on l’écrase ou qu’on le coupe : en abîmant ses cellules, on déclenche une réaction qui libère des composés soufrés très volatils. Entier et sec, il se conserve des mois, ce qui explique les tresses suspendues dans les cuisines.
Ce que disent les croyances populaires
Mentonnais (Alpes-Maritimes)
D’après la croyance mentonnaise, un peu d’ail sur le berceau d’un enfant le préservait des maléfices.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 483. Voir la page
Provence
En Provence, on jetait dans la cendre chaude du feu de la Saint-Jean des gousses d’ail que les enfants mangeaient au déjeuner ; elles portaient bonheur et garantissaient des sortilèges.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 478. Voir la page
Poitou
En Poitou, pour avoir beaucoup d’argent, on mangeait le premier mai un brin d’ail et l’on se frottait les lèvres avec une pièce de vingt francs.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 479. Voir la page
Landes
Dans les Landes, si lors d’une demande en mariage l’un des parents présentait au jeune homme une gousse d’ail sur une assiette, il n’avait plus qu’à se retirer.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 518. Voir la page
Pour réfléchir
Comment fais-tu comprendre un refus à quelqu’un sans le blesser ?