Everyday Omens

Souffler un pissenlit

Souffler un pissenlit d’un seul coup promettait réussite, bonne nouvelle ou mariage dans l’année, de la Côte-d’Or au Nord. En Ille-et-Vilaine, les enfants perdus suivaient même la graine qui volait le plus loin.

Ce que cela peut signifier

Dans la campagne d’Ille-et-Vilaine, des enfants égarés soufflaient sur une tête de pissenlit et prenaient la direction indiquée par l’aigrette qui s’envolait le plus loin. La méthode n’a rien de fiable, et pourtant elle a une vertu : elle débloque. Quand aucun chemin ne s’impose, rester planté au carrefour coûte souvent plus cher que d’en choisir un et de corriger ensuite. Le pissenlit ne donne pas la bonne réponse ; il donne une réponse, et permet de se remettre en marche. Il y a des moments où c’est exactement ce qui manque.

Selon la façon dont tu l’as vu

Souffler d’un seul coup

Réussir d’un seul souffle promettait le succès dans ses entreprises en Côte-d’Or ou en Meurthe, une bonne nouvelle aux Montils, un mariage dans l’année dans le Nord. Cette petite épreuve de souffle devenait un pronostic, et l’on y mettait ce qu’on espérait le plus.

Demander l’heure au pissenlit

On souffle en comptant, une, deux, trois, et l’heure est celle de la dernière aigrette envolée. Le jeu se pratiquait en Belgique, dans le Nord ou dans la Vienne, et le pissenlit y gagnait des noms comme « horloge » ou « heure ».

Une aigrette qui arrive vers toi

À Fréjus, voir venir vers soi une graine de pissenlit poussée par le vent annonçait du bonheur. Ces petits parachutes voyagent parfois très loin, et celui-là a peut-être traversé tout le quartier avant de te trouver.

Le duvet qui monte ou qui retombe

Dans l’Orne, le Lot ou la Drôme, un duvet qui montait en l’air annonçait le beau temps, et celui qui retombait aussitôt, la pluie. L’observation a du sens : par temps humide, les aigrettes se resserrent et volent mal.

Pourquoi cela arrive dans la nature

La « chandelle » du pissenlit est une boule de petits fruits secs, chacun surmonté d’une aigrette de fins poils qui lui sert de parachute. Un souffle ou un coup de vent les détache et les emporte, parfois très loin. Par temps humide, les aigrettes se resserrent, ce qui limite leur envol.

Ce que disent les croyances populaires

Plusieurs régions de France

En Meurthe, en Côte-d’Or, dans les Côtes-du-Nord et le Maine-et-Loire, celui qui soufflait d’un seul coup une chandelle de pissenlit devait réussir dans ses entreprises ; aux Montils, en Loir-et-Cher, il recevrait bientôt une bonne nouvelle.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VII (1908), p. 192. Voir la page

Nord et nombreuses régions

Dans le Nord, le Pas-de-Calais et plusieurs autres régions, souffler d’un seul coup annonçait un mariage dans l’année ; on disait presque partout qu’il faudrait attendre autant d’années que de souffles nécessaires.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VII (1908), p. 192. Voir la page

Ille-et-Vilaine

Près de Saint-Brice, en Ille-et-Vilaine, les enfants perdus dans la campagne prenaient la direction de l’aigrette qui s’envolait le plus loin.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VII (1908), p. 194. Voir la page

Orne, Lot et Drôme

Dans l’Orne, le Lot et la Drôme, un duvet soufflé qui montait en l’air annonçait le beau temps, et celui qui retombait aussitôt, la pluie.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VII (1908), p. 193. Voir la page

Fréjus (Var)

À Fréjus, voir venir vers soi, par hasard, une aigrette de pissenlit poussée par le vent était un présage de bonheur.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VII (1908), p. 195. Voir la page

Pour réfléchir

Devant quel choix hésites-tu depuis longtemps, et quel petit pas te permettrait au moins de bouger ?