Trouver des champignons
Quand on trouvait un champignon, on lui disait : « Champignon, champignon, montre-moi ton compagnon », car les autres n’étaient pas loin. Dans le Mentonnais, pour en trouver, il fallait même mettre sa veste à l’envers.
Ce que cela peut signifier
Le premier champignon aperçu sous les feuilles fait toujours plaisir, et la vieille formule « montre-moi ton compagnon » rappelait qu’il est rarement seul. Restait à savoir à qui revenait la cueillette quand on était plusieurs. Dans le Gard, on tranchait sans dispute : le champignon appartenait à celui qui y avait mis le doigt, pas à celui qui l’avait vu le premier. La règle vaut bien au-delà des bois. Entre l’idée lancée en passant et le travail de celui qui l’a menée au bout, la part de chacun gagne à être dite clairement, avant le partage.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un premier champignon dans l’herbe
Rolland notait la formule « Champignon, champignon, montre-moi ton compagnon », qu’on disait en trouvant un champignon parce que les autres n’étaient pas loin. En Gascogne, on récitait après en avoir cueilli un : « Champignon, petit champignon, fais-moi trouver ton compagnon. »
Partir aux champignons
Dans le Mentonnais, pour trouver des champignons, on devait mettre sa veste à l’envers. Le vêtement retourné, messager de nouvelles à Quimper, servait ici à la cueillette.
Un champignon qu’on revient voir
En Gironde et dans la Haute-Vienne, si l’on regardait des champignons, ils ne croissaient plus, croyait-on, et le lendemain on les trouvait pourris sur place. On les cueillait donc tout de suite, ou l’on passait son chemin.
Deux cueilleurs pour un même champignon
Le dicton gardois valait aussi pour le nid d’oiseau, autre trouvaille des promenades. Rolland, qui l’avait noté, y voyait une règle de propriété transmise comme un proverbe, et parlait à ce propos de « folklore juridique ».
Un gros champignon près d’un crapaud
Les Bas-Bretons assuraient que les champignons poussaient toujours auprès de la demeure des crapauds, et que le crapaud venait prendre le frais à leur abri. Les Hauts-Bretons, eux, ajoutaient que sous les gros champignons se trouvaient de gros crapauds.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Un champignon n’est que la partie visible d’un réseau de filaments souterrains, le mycélium, qui peut s’étendre sur plusieurs mètres. Quand l’humidité et la douceur de l’automne s’y prêtent, ce réseau fait sortir plusieurs fructifications à la fois, en groupes ou en lignes, ce qui explique qu’un champignon en cache presque toujours d’autres.
Ce que disent les croyances populaires
Formule courante (selon Rolland)
Rolland notait la formule « Champignon, champignon, montre-moi ton compagnon », qu’on disait en trouvant un champignon, parce que les autres n’étaient pas loin.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. XI (1914), p. 131. Voir la page
Mentonnais et Gascogne
Dans le Mentonnais, pour trouver des champignons, on devait mettre sa veste à l’envers ; en Gascogne, quand on en avait cueilli un, on récitait : « Champignon, petit champignon, fais-moi trouver ton compagnon. »
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 466. Voir la page
Gironde et Haute-Vienne
En Gironde et dans la Haute-Vienne, si l’on regardait des champignons, ceux-ci ne croissaient plus, et le lendemain on les trouvait pourris sur place.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. XI (1914), p. 132. Voir la page
Gard
Dans le Gard, on disait que le nid d’oiseau et le champignon appartenaient au premier qui y avait mis le doigt, et non à celui qui les avait vus le premier.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. XI (1914), p. 132. Voir la page
Basse-Bretagne
En Basse-Bretagne, on disait que les champignons croissaient toujours auprès de la demeure des crapauds, et que le crapaud s’abritait sous un champignon pour prendre le frais.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. XI (1914), p. 132. Voir la page
Pour réfléchir
Dans un projet mené à plusieurs, comment fais-tu la part entre celui qui a eu l’idée et celui qui l’a réalisée ?