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Cueillir des coquelicots

En Wallonie, cueillir des coquelicots passait pour faire éclater la foudre, mais, glissés sous le toit, ils la détournaient. Au pays de Baugé, de jeunes mariés ouvraient un bouton pour connaître le sexe de leur premier enfant.

Ce que cela peut signifier

Le bouton de coquelicot reste fermé et penché vers le sol, et l’on ne devine pas ce qu’il cache. Les enfants le cueillaient pour deviner la couleur des pétales froissés à l’intérieur, et les jeunes mariés de l’Anjou pour lire l’avenir de leur famille. Vouloir connaître la fin avant qu’elle arrive est très humain. Le bouton ouvert de force ne fleurira plus. Laisser une chose s’ouvrir à son rythme demande de supporter un peu l’incertitude, mais c’est ainsi qu’on la voit vraiment fleurir.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un champ de coquelicots en juin

Les Wallons prétendaient qu’en ramassant des coquelicots, on faisait éclater la foudre. La croyance tombait à la saison des orages, quand les champs de blé se couvrent de rouge.

Des coquelicots rangés sous le toit

Autour de Liège, le coquelicot s’appelait « fleur du tonnerre ». Dans les pays wallons, on en plaçait dans la charpente, sous le toit, parce qu’il passait au contraire pour détourner la foudre.

Un bouton qu’on ouvre pour deviner

Aux environs de Paris, les enfants jouaient à deviner la couleur du bouton cueilli en se demandant : « Poule ou coq ? » Celui qui avait dit « poule » gagnait si les pétales étaient blancs, celui qui avait dit « coq » s’ils étaient rouges.

Un bouton ouvert par de jeunes mariés

Au pays de Baugé, un jeune couple prenait un bouton et en écartait les sépales. Si les pétales sortaient séparés comme les deux jambes d’un pantalon, le premier-né serait un garçon ; s’ils restaient unis comme un tablier, ce serait une fille.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le coquelicot pousse dans les sols remués : champs de céréales, talus, bords de route. Ses graines peuvent attendre des années dans la terre avant de germer. Dans le bouton, les pétales froissés restent pâles tant qu’ils sont jeunes et rougissent à l’approche de la floraison. Une fois cueillie, la fleur fane en quelques heures.

Ce que disent les croyances populaires

Wallonie (Belgique)

En Wallonie, on disait qu’on faisait éclater la foudre en ramassant des coquelicots.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 471. Voir la page

Wallonie, Liège

En Wallonie, où le coquelicot portait le nom de « fleur du tonnerre », à Liège notamment, on en mettait dans la charpente, sous le toit.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 472. Voir la page

Pays wallons

Dans les pays wallons, le coquelicot passait pour détourner la foudre, et l’on en plaçait dans ce but dans la charpente, sous les toits.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. I (1896), p. 178. Voir la page

Environs de Paris

Aux environs de Paris, les enfants jouaient à deviner la couleur du bouton de coquelicot cueilli en se demandant « poule ou coq ? » : poule gagnait si les pétales étaient blancs, coq s’ils étaient rouges.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. I (1896), p. 177. Voir la page

Pays de Baugé (Maine-et-Loire)

Au pays de Baugé, un jeune ménage ouvrait un bouton de coquelicot : si les pétales sortaient divisés comme les deux jambes d’un pantalon, le premier-né serait un garçon ; s’ils restaient unis en forme de tablier, une fille.

Source : C. Fraysse, « Au pays de Baugé », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 301. Voir la page

Pour réfléchir

Quel bouton as-tu envie d’ouvrir avant l’heure, par impatience de savoir ?