Une branche d’aubépine dans la maison
Une branche d’aubépine dans les combles préservait la maison de la foudre, disait-on en Berry. Le 1er mai, dans le Loiret, on en plantait à l’entrée des étables contre les sorts, et l’on en offrait à la jeune fille qu’on estimait.
Ce que cela peut signifier
L’aubépine est un arbuste épineux, et pourtant on la voyait comme un abri. Selon Rolland, la foudre passait pour incapable de la frapper, et l’on rapportait ses branches au grenier ou à l’étable pour mettre la maison et les bêtes à couvert. Le même buisson servait aussi à dire son estime à une jeune fille, au matin du 1er mai. Chacun a ses refuges pour les jours d’orage, qu’il s’agisse d’un lieu ou d’une personne de confiance. Les repérer à l’avance aide à s’y tourner quand le ciel se gâte.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une branche d’aubépine au grenier
En Berry, on mettait des branches d’aubépine dans les combles de la maison pour la préserver de la foudre. Les Bas-Bretons et les gens du Loiret se contentaient d’en porter une branche sur eux.
De l’aubépine à la porte de l’étable le 1er mai
Dans le Loiret, à Châtillon-sur-Loing, on plantait le 1er mai, avant l’aube, une branche d’aubépine sur le fumier et des rameaux à l’entrée des étables, contre les maléfices et les serpents. Dans l’Yonne, la branche plantée dans le fumier passait pour empêcher les serpents de s’y multiplier.
Un mai d’aubépine devant une maison
La nuit du 1er mai, on dressait un arbuste d’aubépine en fleurs devant la maison de la jeune fille qu’on aimait. À Pierrefonds, dans l’Oise, il voulait dire « Aubépine, je t’estime » ; à Saint-Pol, dans le Pas-de-Calais, « Mai d’épine, ej’ t’estime ».
Un mai d’aubépine sans fleurs
Le message pouvait aussi être moins aimable. Près de Dijon, à Ruffey, un mai d’aubépine privé de ses fleurs indiquait que la jeune fille avait fauté, et à Spa, en Belgique, on lui disait qu’elle était rusée.
Pourquoi cela arrive dans la nature
L’aubépine fleurit en mai, d’où son rôle dans les fêtes du 1er mai. La foudre peut en réalité frapper n’importe quel arbre, et un arbuste isolé n’est jamais un abri sûr pendant un orage. La croyance repose sans doute sur sa petite taille : la foudre tombe plus volontiers sur les arbres hauts et les points élevés.
Ce que disent les croyances populaires
France (selon Rolland)
Selon Rolland, on croyait dans toute la France que la foudre ne tombait jamais sur l’aubépine, et l’on allait se réfugier dessous dès qu’un orage éclatait.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. V (1904), p. 160. Voir la page
Berry, Basse-Bretagne, Loiret
En Berry, on mettait des branches d’aubépine dans les combles de la maison pour la préserver de la foudre ; chez les Bas-Bretons et les gens du Loiret, il suffisait d’en porter une branche sur soi.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. V (1904), p. 160. Voir la page
Loiret et Yonne
À Châtillon-sur-Loing, dans le Loiret, on plantait le 1er mai avant le lever du soleil une branche d’aubépine sur le fumier et des rameaux à la porte des étables, pour empêcher les maléfices ; dans l’Yonne, elle empêchait les serpents de se multiplier dans le fumier.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. V (1904), p. 161. Voir la page
Oise et Pas-de-Calais
La nuit du 1er mai, on dressait devant la maison de la jeune fille aimée et estimée un arbuste d’aubépine en fleurs : « Aubépine, je t’estime », disait-on à Pierrefonds (Oise), « Mai d’épine, ej’ t’estime » à Saint-Pol (Pas-de-Calais).
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. V (1904), p. 164. Voir la page
Ruffey (Côte-d’Or) et Spa
À Ruffey, près de Dijon, une aubépine privée de ses fleurs, plantée comme mai, indiquait que la jeune fille avait fauté ; à Spa, le mai d’épine lui disait qu’elle était rusée.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. V (1904), p. 164. Voir la page
Pour réfléchir
Où, ou auprès de qui, te mets-tu à l’abri quand un orage éclate dans ta vie ?