Les premières primevères
Dans les actuelles Côtes-d’Armor, la première primevère de l’année, offerte par un garçon à une jeune fille, valait une demande en mariage. En Poitou, on évitait pourtant de rapporter ces fleurs quand les oies couvaient.
Ce que cela peut signifier
Les primevères comptent parmi les premières fleurs de l’année, et la toute première trouvée au bord d’un fossé avait une valeur à part. En Bretagne du Nord, un garçon qui l’offrait à une jeune fille n’avait pas besoin d’en dire davantage. La fleur ne coûtait rien, mais elle était la première de la saison, et la donner revenait à dire qu’on avait pensé à quelqu’un avant tout le reste. Les premières fois ont ce pouvoir, du premier bouquet au premier mot d’un enfant : on s’en souvient longtemps, alors même qu’elles n’avaient rien d’extraordinaire.
Selon la façon dont tu l’as vu
Une primevère offerte par un garçon
Dans l’actuel département des Côtes-d’Armor, la première primevère trouvée dans l’année et donnée à une jeune fille par un jeune homme équivalait à une demande en mariage. À Ruffey, en Côte-d’Or, des primevères envoyées à une jeune fille signifiaient en revanche la rupture.
Une primevère à sept pétales
À Matignon, trouver une primevère à sept pétales annonçait des noces avant un an. Les fleurs à cinq lobes sont la règle, si bien qu’on avait le temps de chercher.
Un bouquet rapporté quand les oies couvent
En Poitou, il ne fallait pas rapporter de fleurs de coucou, c’est-à-dire de primevères, à la maison quand les oies couvaient : les oisons périraient dans l’œuf. À Ineuil (Cher) et dans la commune nivernaise de Saint-Martin-du-Puy, un bouquet introduit dans la ferme faisait périr les oisons.
Des primevères dans la cuisine
À Melle, en Poitou, on défendait aux enfants de rapporter des fleurs de coucou à la maison, parce que les poules cesseraient de pondre. À Castelnau-de-Montmiral, dans le Tarn, les volailles devenaient boiteuses.
Une fleur qui saute sur une feuille
Dans un village de l’Ain, Poncin, des jeunes filles se mettaient en cercle et faisaient sauter une fleur de coucou sur une feuille de papier : celle du côté de qui elle tombait serait bientôt demandée en mariage.
Pourquoi cela arrive dans la nature
La primevère officinale, qu’on appelle aussi coucou parce qu’elle fleurit à l’arrivée de l’oiseau, ouvre ses fleurs jaunes dès mars dans les prés et au bord des haies. Elle profite de la lumière avant que les arbres ne se couvrent de feuilles. Sa fleur compte normalement cinq lobes.
Ce que disent les croyances populaires
Côtes-du-Nord
Dans les Côtes-du-Nord, la première primevère trouvée dans l’année et donnée à une fille par un jeune homme équivalait à une demande en mariage.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IX (1912), p. 76. Voir la page
Matignon (Côtes-du-Nord)
À Matignon, trouver une primevère à sept pétales promettait un mariage dans les douze mois.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IX (1912), p. 76. Voir la page
Ruffey (Côte-d’Or)
À Ruffey, près de Dijon, envoyer un bouquet de primevères à une jeune fille signifiait symboliquement la rupture.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IX (1912), p. 76. Voir la page
Poitou, Cher, Nièvre
En Poitou, il ne fallait pas apporter de fleurs de coucou à la maison quand les oies couvaient, parce que cela ferait périr les oisons dans l’œuf ; à Ineuil (Cher) et à Saint-Martin-du-Puy (Nièvre), un bouquet de ces fleurs introduit dans une ferme y faisait périr les oisons.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IX (1912), p. 75. Voir la page
Deux-Sèvres et Tarn
À Melle (Deux-Sèvres), on défendait aux enfants de rapporter des fleurs de coucou à la maison, parce que cela empêchait les poules de pondre ; à Castelnau-de-Montmiral (Tarn), les oiseaux de la basse-cour devenaient boiteux.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IX (1912), p. 75. Voir la page
Poncin (Ain)
À Poncin, dans l’Ain, on faisait sauter une fleur de coucou sur une feuille de papier au milieu d’un cercle de jeunes filles : celle du côté de laquelle elle tombait serait prochainement demandée en mariage.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. IX (1912), p. 76. Voir la page
Pour réfléchir
Quelle première fois, offerte ou reçue, gardes-tu précieusement en mémoire ?