Everyday Omens

Le gui porte-bonheur

Le gui portait bonheur dans la maison, pourvu qu’il ait été volé, disait-on à Velorcey, en Haute-Saône. À Quimper, une branche placée dans la chambre le 31 décembre promettait une bonne année.

Ce que cela peut signifier

En décembre, quand les arbres sont nus, les boules de gui apparaissent dans les branches des pommiers et des peupliers, vertes et rondes, comme suspendues entre ciel et terre. Il n’est pas étonnant qu’on en ait fait la plante du Nouvel An. Une touffe verte au cœur de l’hiver montre que tout ne s’arrête pas pendant la saison froide. Même dans une période creuse, quelque chose continue de pousser à son rythme, et il suffit de lever les yeux pour le remarquer.

Selon la façon dont tu l’as vu

Une boule de gui accrochée pour le Nouvel An

À Quimper, du gui placé dans la chambre le 31 décembre portait bonheur pour l’année suivante. Vers 1906, Rolland notait qu’on vendait à Paris, depuis une vingtaine d’années, du gui comme porte-bonheur d’hiver, une habitude importée d’Angleterre.

Du gui offert à une jeune fille

À Bordeaux, si le 24 décembre, fête de saint Florent, un garçon tendait une branche de gui à une jeune fille, celle-ci pouvait être sûre qu’il l’épouserait dans l’année. Près de Dijon, un collier de graines de gui récompensait la fille qui s’était le mieux tenue à l’église.

Du gui arraché plutôt que coupé

Près de Rennes, le gui portait malheur s’il avait été coupé avec un instrument tranchant, mais bonheur s’il avait été arraché. À Velorcey, en Haute-Saône, on allait plus loin : dans une maison, il ne portait bonheur que s’il avait été volé.

Du gui poussé sur un chêne

Le gui de chêne était rare, donc précieux. Aux environs de Rouen, il passait pour préserver de la foudre, et l’on en jetait une graine au feu, dans un village nivernais, quand le tonnerre grondait. En Albret, celui qui trouvait un gui de chêne passait pour assez riche.

Du gui au-dessus de l’écurie

Dans le Morbihan, on plaçait une touffe de gui au-dessus de la porte des écuries pour protéger les animaux des maladies contagieuses. Les Belges en suspendaient aussi au-dessus des étables, à condition qu’il n’ait jamais touché la terre.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le gui est une plante à demi parasite qui puise l’eau et les sels minéraux dans les branches de son arbre hôte, surtout les pommiers, les peupliers et les tilleuls, très rarement le chêne. Les oiseaux qui mangent ses baies collantes déposent les graines sur d’autres branches. Ses baies sont toxiques.

Ce que disent les croyances populaires

Velorcey (Haute-Saône)

À Velorcey, en Haute-Saône, le gui portait bonheur dans une maison, mais pour cela il fallait qu’il ait été volé.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 235. Voir la page

Environs de Rennes

Aux environs de Rennes, le gui portait malheur si on l’avait coupé avec un instrument tranchant, mais il portait bonheur s’il avait été arraché.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 236. Voir la page

Quimper (Finistère)

À Quimper, du gui placé dans la chambre le 31 décembre portait bonheur pour l’année suivante.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 236. Voir la page

Paris, vers 1906

Rolland notait qu’on vendait à Paris, en hiver, depuis une vingtaine d’années, du gui en guise de porte-bonheur, et que c’était une importation d’Angleterre.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 236. Voir la page

Bordeaux

À Bordeaux, si le jour de la Saint-Florent, le 24 décembre, un garçon offrait une branche ou un bouquet de gui à une jeune fille, celle-ci pouvait être assurée qu’il l’épouserait dans l’année.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 404. Voir la page

Environs de Rouen

Aux environs de Rouen, le gui de chêne passait pour préserver de la foudre.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 382. Voir la page

Morbihan et Belgique

Dans le Morbihan, on plaçait une touffe de gui au-dessus de la porte des écuries pour protéger les animaux contre les maladies contagieuses ; en Belgique, le gui pendu à la porte des étables ne devait pas avoir touché la terre.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 235. Voir la page

Saint-Martin-du-Puy (Nièvre)

À Saint-Martin-du-Puy, dans la Nièvre, on jetait une graine de gui de chêne dans le feu quand il tonnait, pour s’en préserver.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 236. Voir la page

Pour réfléchir

Qu’est-ce qui garde des couleurs dans ta vie quand les jours raccourcissent ?