Everyday Omens

Un figuier près de la maison

Les Béarnais respectaient le figuier, planté tout près de leurs maisons. Les Provençaux se gardaient de brûler son bois ; dans la Montagne Noire, ce bois brûlé sous le toit d’une nourrice passait pour tarir son lait.

Ce que cela peut signifier

Le figuier pousse vite, s’appuie volontiers contre un mur chaud et offre chaque été son ombre et ses fruits. Son bois, en revanche, ne vaut presque rien : tendre et cassant, il brûle mal. Les croyances du Midi interdisaient justement de le mettre au feu, comme pour souligner qu’il valait par ce qu’il donnait vivant, pas par ce qu’on pourrait en tirer une fois abattu. Certaines présences de notre vie fonctionnent ainsi. On les aime à leur place, et vouloir les transformer en autre chose leur ferait perdre ce qu’elles ont de précieux.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un figuier adossé à la maison

En Béarn, le figuier était respecté, et il poussait tout près des maisons. Il aime la chaleur que renvoient les murs exposés au sud, ce qui explique sa place habituelle au coin de la cour.

Du bois de figuier pour le feu

Les Provençaux tenaient à ce que le bois du figuier ne finisse pas au feu. Dans la Montagne Noire et dans le Tarn, si l’on en brûlait dans une maison où vivait une nourrice, son lait, disait-on, se tarissait ou devenait de mauvaise qualité.

Les premiers ongles du bébé

En Gironde, couper les premiers ongles d’un enfant sous un figuier, un rosier blanc ou un jasmin lui assurait une belle voix. Le geste se faisait dehors, à l’ombre de l’arbre.

Un animal attaché au figuier

Dans le Midi, certains disaient qu’un taureau furieux s’apaisait sur-le-champ si on l’attachait à un figuier, par une sorte de sympathie entre l’arbre et la bête.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le figuier est un arbre méditerranéen qui craint les grands froids et profite de la chaleur des murs. Son bois, léger et gorgé de sève laiteuse, se fend facilement et donne peu de chaleur au feu. Ses branches cassantes rendent aussi l’arbre peu sûr pour grimper.

Ce que disent les croyances populaires

Béarn

Les Béarnais respectaient le figuier, que l’on voyait souvent près de leurs maisons.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 381. Voir la page

Provence

En Provence, on ne devait pas brûler le bois du figuier.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 70. Voir la page

Montagne Noire et Tarn

Dans la Montagne Noire, si l’on brûlait du bois de figuier sous le toit d’une nourrice, son lait se tarissait ou prenait une qualité délétère ; la même croyance existait dans le Tarn.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 390. Voir la page

Gironde

En Gironde, couper les premiers ongles d’un enfant sous un rosier blanc, un jasmin ou un figuier lui assurait une belle voix.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 391. Voir la page

Midi de la France

Dans le Midi, certains disaient qu’un taureau furieux s’apaisait sur-le-champ si on l’attachait à un figuier.

Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. X (1913), p. 70. Voir la page

Pour réfléchir

Qu’apprécies-tu tel quel, sans chercher à en tirer autre chose ?