Un sureau près de la maison
En Haute-Bretagne, un sureau planté près de la maison passait pour la préserver des maléfices et en écarter les serpents. En Basse-Bretagne, une branche glissée sous la litière tenait couleuvres et crapauds loin de l’étable.
Ce que cela peut signifier
Le sureau pousse tout seul au coin des granges et des tas de fumier, et on lui confiait la garde de la maison comme celle de l’étable. Ce gardien avait ses règles : on ne le brûlait pas, on ne s’en servait pas pour frapper une vache, on ne cassait pas ses branches chez un ami. L’arbre qui rendait tant de services n’était pas un bois à tout faire. Il en va de même des personnes sur qui l’on compte. Celles qui rendent service le plus volontiers sont aussi celles qu’on pense le moins à ménager.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un sureau au coin de la maison
Les Hauts-Bretons comptaient sur le sureau planté près d’une maison pour la garder des maléfices et des serpents. Dans la Beauce, où il était devenu moins commun, il passait jadis pour garantir le bétail des sortilèges, et dans le Maine, pour chasser le mauvais air.
Une branche de sureau dans l’étable
En Basse-Bretagne, chaque fois qu’on renouvelait la litière, on plaçait dessous une branche de sureau pour éloigner les couleuvres, les salamandres et les crapauds.
Du bois de sureau pour le feu
En Montagne Noire, brûler du sureau était déconseillé : la poule, disait-on, cessait alors de pondre. À Ineuil, en Berry, une vache frappée avec une branche de sureau ne donnait plus de lait, croyait-on.
Casser une branche chez un ami
À Naintré, dans la Vienne, celui qui cassait une branche de sureau dans le jardin d’un ami trahirait, disait-on, cet ami dans l’année, sans le savoir ou sans le vouloir.
Grimper au sommet d’un sureau
À Vottem, près de Liège, le garçon qui allait entrer en apprentissage montait au plus haut d’un sureau, mordait dans un petit gâteau et criait « Adieu, bon temps ! ». L’usage avait disparu depuis une trentaine d’années quand Rolland le nota, mais on menaçait encore les garçons turbulents du jour où ils y monteraient.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le sureau noir aime les sols riches en azote, d’où sa présence fréquente près des fermes, des fumiers et des ruines. Ses feuilles froissées dégagent une odeur forte, et ses tiges sont remplies d’une moelle tendre. Ses fleurs et ses baies mûres se cuisinent, mais ses feuilles, ses tiges et ses baies crues sont toxiques.
Ce que disent les croyances populaires
Haute-Bretagne, Beauce, Maine
En Haute-Bretagne, le sureau préservait des maléfices les maisons près desquelles il était planté et en écartait les serpents ; dans la Beauce, il garantissait le bétail des sortilèges ; dans le Maine, il chassait le mauvais air.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 381. Voir la page
Basse-Bretagne
En Basse-Bretagne, chaque fois qu’on enlevait le fumier des étables, l’usage presque général était de placer sous les litières neuves une branche de sureau, pour éloigner les couleuvres, les salamandres et les crapauds.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 281. Voir la page
Ineuil (Cher)
À Ineuil (Cher), frapper une vache avec une branche de sureau l’empêchait de donner du lait.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 284. Voir la page
Montagne Noire (Aude)
Dans la Montagne Noire, il ne fallait pas brûler de bois de sureau, autrement la poule cessait de faire des œufs.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 284. Voir la page
Naintré (Vienne)
À Naintré, dans la Vienne, celui qui cassait une branche de sureau dans le jardin d’un ami lui ferait une trahison dans le cours de l’année, sans le savoir ou sans le vouloir.
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 284. Voir la page
Vottem (province de Liège)
À Vottem, près de Liège, le garçon qui allait entrer en apprentissage montait au plus haut d’un sureau et, mordant dans un petit gâteau, criait de toutes ses forces : « Adieu, bon temps ! »
Source : Eugène Rolland, Flore populaire, t. VI (1906), p. 284. Voir la page
Pour réfléchir
Sur quelle aide comptes-tu si souvent que tu oublies de la ménager ?