Le houx porte-bonheur et ses piquants
En Haute-Bretagne, on consultait la feuille de houx pour savoir si l’on se marierait : en touchant chaque piquant, on disait « fille, femme, veuve, religieuse », ou « fils, homme, veuf, religieux », et le dernier donnait la réponse.
Ce que cela peut signifier
Compter les piquants d’une feuille de houx en récitant une liste de destins, c’était jouer avec les quelques chemins que la société proposait alors : rester fille, devenir épouse, veuve ou religieuse, et leurs équivalents pour les garçons. La liste était courte, et l’on savait bien quelle réponse on espérait. Aujourd’hui, les possibilités sont bien plus nombreuses, mais les attentes de l’entourage n’ont pas disparu. Il arrive qu’on vive longtemps dans un rôle annoncé par d’autres avant de se demander s’il nous va vraiment.
Selon la façon dont tu l’as vu
Compter les piquants d’une feuille
En Haute-Bretagne, on touchait un à un les piquants d’une feuille de houx en disant « fille, femme, veuve, religieuse », ou « fils, homme, veuf, religieux ». Le dernier piquant donnait la réponse, et chacun pouvait choisir sa feuille.
Du houx dans le lait
En Basse-Normandie, il arrivait qu’on mette du houx dans le lait : ses piquants passaient pour écarter les sortilèges.
Une branche de houx à la porte le 1er mai
Dans les Vosges et le Vimeu, le 1er mai, les filles qui avaient mauvais caractère trouvaient un rameau de houx à leur porte. À Jeumont, des branches de bouleau honoraient plutôt les filles sages.
Des baies de houx à Noël
À Guernesey, aux fêtes de Noël, des jeunes filles enfilaient en silence un chapelet de baies de houx et de grains de piment, avec un gland à chaque douzaine. Posé sur le feu, il passait pour faire apparaître dans la flamme le visage du futur époux.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le houx est un arbuste toujours vert, dont les feuilles basses portent des piquants alors que celles du haut sont presque lisses : la plante arme surtout les rameaux que les animaux peuvent brouter. Seuls les pieds femelles portent les baies rouges, toxiques pour l’homme.
Ce que disent les croyances populaires
Haute-Bretagne
En Haute-Bretagne, on consultait la feuille de houx pour savoir si l’on se marierait : en touchant chacun des piquants, on disait « Fille, femme, veuve, religieuse », ou « Fils, homme, veuf, religieux », et c’était le dernier piquant qui donnait la réponse.
Source : Paul Sébillot, Coutumes populaires de la Haute-Bretagne (1886), p. 99. Voir la page
Basse-Normandie
En Basse-Normandie, on mettait parfois du houx dans le lait, car ses piquants avaient la vertu d’écarter les sortilèges.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 386. Voir la page
Vosges et Vimeu
Le 1er mai, dans les Vosges et le Vimeu, les filles qui avaient mauvais caractère trouvaient un rameau de houx à leur porte ; à Jeumont, on honorait les filles sages en entourant leur maison de branches de bouleau.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 403. Voir la page
Guernesey
À Guernesey, aux fêtes de Noël, des jeunes filles faisaient en silence un chapelet de baies de houx et de grains de piment, avec un gland à chaque douzaine ; placé sur le feu, il leur faisait voir passer entre elles et la flamme la figure de leur futur époux.
Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 396. Voir la page
Pour réfléchir
Quel rôle t’a-t-on prédit un jour, et qu’en as-tu fait depuis ?