Everyday Omens

Entendre les grenouilles coasser

Au XVIe siècle, des grenouilles qui chantaient plus que d’habitude sentaient, disait-on, la pluie. Bretons du pays gallo et Poitevins y lisaient à l’inverse le beau temps ; tant qu’elles n’avaient pas chanté, le froid durait.

Ce que cela peut signifier

Le concert des grenouilles marque le vrai retour du printemps : après des mois de silence, les mares se mettent à parler. Les campagnes y entendaient le temps à venir, mais pas toujours la même chose : la pluie pour Noël du Fail, le beau temps en pays gallo et en Poitou. Les Hauts-Bretons ajoutaient qu’avant leur premier chant, il faisait encore dur. C’est cette attente qui touche le plus. Il existe des indices de détente qu’on guette sans le savoir (une voix, une habitude qui revient) et qui nous disent que la saison difficile est passée.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un concert plus fort que d’habitude

Dans un livre du XVIe siècle, l’écrivain breton Noël du Fail notait que les grenouilles bavardes plus que d’accoutumée sentaient la pluie prochaine. Dans les Vosges, elles prenaient alors de bruyants ébats dans les mares.

Le premier chant du printemps

Au printemps, les Hauts-Bretons répétaient que le temps restait dur tant que les grenouilles se taisaient ; leur chant revenu, la douceur arrivait. Les Poitevins y entendaient eux aussi le beau temps, et les Bas-Bretons surtout le soir.

Des grenouilles dans les arbres

Une croyance des Côtes-du-Nord voulait qu’en période sèche les grenouilles grimpent aux arbres pour réclamer la pluie.

Battre les lits contre les puces

En Poitou, quand les grenouilles commençaient à chanter, on frappait les lits avec un bâton en répétant : « Aux puces, aux ranes ! » Cela passait pour chasser les puces toute l’année.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Ce sont surtout les mâles qui chantent, au printemps, pour attirer les femelles près des mares, et ils le font volontiers par temps doux et humide, surtout le soir et la nuit. Certaines grenouilles gonflent des sacs vocaux qui amplifient leur voix. Les rainettes grimpent facilement dans les arbustes et les arbres.

Ce que disent les croyances populaires

France, XVIe siècle, et Vosges

Au XVIe siècle, les grenouilles chantant plus que d’accoutumée sentaient la pluie prochaine ; dans les Vosges, elles prenaient alors de bruyants ébats dans les mares.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 267. Voir la page

Côtes-du-Nord

Dans les Côtes-du-Nord, on disait que, lorsqu’il y avait besoin d’eau, les grenouilles montaient dans les arbres pour en demander.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 267. Voir la page

Haute-Bretagne, Poitou, Basse-Bretagne

En Poitou comme en Haute-Bretagne, le chant des grenouilles promettait le beau temps ; en Basse-Bretagne, c’était surtout le soir.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 267. Voir la page

Haute-Bretagne

En Haute-Bretagne, lorsqu’on entendait les grenouilles chanter, elles promettaient un temps doux ; au printemps, on disait que tant qu’elles n’auraient pas chanté, on aurait un temps dur.

Source : Paul Sébillot, « Additions aux coutumes, traditions et superstitions de la Haute-Bretagne », Revue des traditions populaires, t. VII (1892), p. 107. Voir la page

Poitou et Anjou

En Poitou, quand les grenouilles chantaient, on frappait sur les lits avec un bâton en répétant « Aux puces, aux ranes ! », ce qui chassait les puces pour toute l’année ; en Anjou, on se servait d’une baguette de noisetier.

Source : Paul Sébillot, Le Folk-lore de France, t. III : La faune et la flore (1906), p. 313. Voir la page

Pour réfléchir

Quel petit signe, quand il revient, te dit qu’une période difficile est derrière toi ?