Everyday Omens

Emménager dans une maison neuve

Au Luxembourg, les jeunes gens venaient pendre la crémaillère chez les nouveaux venus, qui devaient les régaler, et le premier visiteur recevait un œuf. En Basse-Bretagne, on faisait entrer un animal domestique le premier.

Ce que cela peut signifier

Une maison neuve n’est pas encore un chez-soi. Autrefois, il fallait des gestes pour qu’elle le devienne : un bouquet au sommet du toit en Auvergne, un drapeau sur le bâtiment achevé au Luxembourg, puis la crémaillère, que les jeunes gens du village venaient pendre en se faisant régaler. Au Luxembourg encore, le premier visiteur recevait un œuf. La maison se peuplait de voisins avant de se remplir de meubles. Un lieu nouveau devient familier quand on y a reçu quelqu’un, partagé un repas, entendu d’autres voix que la sienne.

Selon la façon dont tu l’as vu

Le premier visiteur

Au Luxembourg, selon un ancien usage, la personne qui visitait pour la première fois une maison neuve devait recevoir un œuf, à condition que le propriétaire lui ait adressé la parole avant qu’elle ne parle.

Pendre la crémaillère

Au Luxembourg, la crémaillère était accrochée par les jeunes gens qui, peu après l’emménagement, se présentaient chez les nouveaux occupants, obligés de les régaler. Le bâtiment achevé avait déjà reçu son drapeau, et les maçons leur gratification.

Faire entrer un animal d’abord

En Basse-Bretagne, celui qui entrait le premier dans une maison neuve était, croyait-on, à l’abri de tout ennui s’il s’était fait précéder d’un animal domestique : chien, poule ou chat.

Le premier soir

Dans le Mentonnais, en entrant pour la première fois dans une nouvelle maison, il fallait baisser les verrous. On attachait derrière la porte d’entrée une croix ou un morceau du cierge de la Chandeleur.

Déménager trop souvent

Un proverbe wallon assurait que trois déménagements valaient un incendie. Lors d’un déménagement, le crucifix devait toujours entrer le premier dans la nouvelle maison.

Pourquoi cela arrive dans la nature

L’expression « pendre la crémaillère » vient de la tige crantée qui servait à suspendre la marmite au-dessus du feu : c’était l’un des derniers éléments installés dans une maison, et une fois en place on pouvait cuire le premier repas et recevoir. La fête offerte aux voisins et aux amis venus aider a gardé ce nom.

Ce que disent les croyances populaires

Grand-Duché de Luxembourg

Au Luxembourg, selon un ancien usage, la personne qui visitait pour la première fois une nouvelle maison devait recevoir un œuf, à condition que le propriétaire lui ait adressé la parole avant qu’elle ait parlé.

Source : Charles Bivort, « Traditions et superstitions du Grand-Duché de Luxembourg », Revue des traditions populaires, t. XII (1897), p. 333. Voir la page

Grand-Duché de Luxembourg

Au Luxembourg, la crémaillère était accrochée par les jeunes gens qui, peu de temps après l’emménagement, se présentaient aux nouveaux locataires, obligés de les régaler.

Source : Charles Bivort, « Traditions et superstitions du Grand-Duché de Luxembourg », Revue des traditions populaires, t. XII (1897), p. 333. Voir la page

Grand-Duché de Luxembourg

Au Luxembourg, le bâtiment achevé recevait un drapeau, et le propriétaire devait offrir une gratification aux maçons et à leurs aides.

Source : Charles Bivort, « Traditions et superstitions du Grand-Duché de Luxembourg », Revue des traditions populaires, t. XII (1897), p. 332. Voir la page

Basse-Bretagne

En Basse-Bretagne, celui qui entrait le premier dans une maison neuve était à l’abri de tout inconvénient s’il s’était fait précéder de quelque animal domestique, chien, poule ou chat.

Source : Paul Sébillot, Le paganisme contemporain chez les peuples celto-latins (1908), p. 202. Voir la page

Mentonnais (Alpes-Maritimes)

Dans le Mentonnais, en entrant pour la première fois dans une nouvelle maison, il fallait baisser les verrous ; on attachait derrière la porte d’entrée une croix ou un morceau du cierge de la Chandeleur.

Source : J. B. Andrews, « Traditions, superstitions et coutumes du Mentonnais », Revue des traditions populaires, t. IX (1894), p. 334. Voir la page

Wallonie (Belgique)

En Wallonie, on disait proverbialement que trois déménagements valaient un incendie, et que le crucifix devait toujours entrer le premier dans la nouvelle maison.

Source : communication d’Alfred Harou, « Réponses : Superstitions de déménagement (Belgique) », Revue des traditions populaires, t. XVI (1901), p. 664. Voir la page

Auvergne

En Auvergne, on mettait un bouquet au sommet d’une maison neuve, on y bâtissait aussi une bouteille, et l’on faisait bénir la maison par le prêtre.

Source : Dr F. Pommerol, « Folk-lore de l’Auvergne, II », Revue des traditions populaires, t. XII (1897), p. 543. Voir la page

Pour réfléchir

Qui inviterais-tu en premier pour qu’un nouveau lieu devienne vraiment ton chez-toi ?