Everyday Omens

Trébucher en sortant de chez soi

Au XVIIe siècle, le Traité des superstitions de Thiers relevait la peur du malheur chez qui bronchait en sortant de chez soi. Plus tard, en Anjou, on plaignait d’avance la mariée qui butait sur le seuil.

Ce que cela peut signifier

Le seuil est un endroit auquel on ne fait presque jamais attention : on y passe dix fois par jour, déjà dehors par la pensée ou encore pris par ce qu’on laisse derrière soi. Les vieux présages se sont pourtant fixés là, sur le faux pas de la sortie, sur le pied de certaines personnes, sur celui de la mariée qui passait le seuil. Le passage d’un lieu à un autre est un moment où l’esprit est entre deux. Un trébuchement à la porte peut être l’occasion de se demander où l’on était vraiment à cet instant, et dans quelle humeur on part ou l’on revient.

Selon la façon dont tu l’as vu

Un faux pas en partant

Thiers, prêtre et polémiste du XVIIe siècle, citait parmi les croyances qu’il combattait celle qui promettait un malheur à qui bronchait en sortant de son logis.

Un pied posé sur le seuil

Pour les gens du Puy-de-Dôme, certaines personnes portaient malheur à la maison rien qu’en posant le pied sur le seuil. Le seuil servait alors à juger ceux qui entraient autant que ceux qui sortaient.

La mariée sur le seuil

En Anjou, la mariée qui butait sur le seuil serait, disait-on, malheureuse. On surveillait donc de près le premier pas de l’épousée.

Un faux pas devant l’autel

En Lorraine, si l’un des époux faisait un faux pas en montant ou en descendant les marches qui mènent à l’autel, il y aurait des tiraillements dans le ménage.

Pourquoi cela arrive dans la nature

Le seuil d’une porte est en général légèrement surélevé, et on le franchit au moment où la lumière change brusquement entre l’intérieur et l’extérieur. On y passe aussi l’esprit ailleurs, les mains occupées par un sac ou des clés, et cela suffit à faire trébucher.

Ce que disent les croyances populaires

France, XVIIe siècle

Au XVIIe siècle, le curé Thiers rapportait la croyance selon laquelle il nous arriverait du malheur si, en sortant du logis, nous bronchions.

Source : Jean-Baptiste Thiers et al. (Amsterdam, J. F. Bernard), Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages et à des pratiques contraires à la religion, t. I (1733), p. 43. Voir la page

Anjou

En Anjou, la mariée qui butait sur le seuil serait malheureuse.

Source : Paul Sébillot, Le paganisme contemporain chez les peuples celto-latins (1908), p. 113-114. Voir la page

Lorraine

En Lorraine, si l’un des époux faisait un faux pas en montant ou en descendant les degrés du sanctuaire, il y aurait des tiraillements dans le ménage.

Source : Paul Sébillot, Le paganisme contemporain chez les peuples celto-latins (1908), p. 114. Voir la page

Puy-de-Dôme

Dans le Puy-de-Dôme, on disait que certaines personnes, en posant le pied sur le seuil, portaient malheur à la maison.

Source : Dr Pommerol, « Croyances et superstitions du Puy-de-Dôme », Revue des traditions populaires, t. XIX (1904), p. 7. Voir la page

Pour réfléchir

Quand tu passes la porte de chez toi, où est déjà ton esprit ?