La première personne rencontrée le jour de l’An
Le premier visage croisé le 1er janvier passait pour colorer toute l’année. En Franche-Comté, on retenait même la veille un homme pour venir souhaiter la bonne année le premier.
Ce que cela peut signifier
Ce qui frappe dans ces vieilles coutumes du 1er janvier, c’est qu’on ne laissait pas le hasard décider. En Franche-Comté, on retenait la veille la personne qui viendrait souhaiter la bonne année la première ; entre Bourgogne et Champagne, un voisin complaisant passait tôt chez sa voisine pour qu’elle ne soit pas mal servie par le sort. Les règles elles-mêmes, aujourd’hui datées, comptent moins que le geste : on organisait son premier contact de l’année. Au seuil d’un nouveau départ, choisir la personne qu’on a envie de voir en premier reste une façon douce de commencer.
Selon la façon dont tu l’as vu
Croiser une femme en sortant
En Franche-Comté, rencontrer une femme en sortant de chez soi le jour de l’An laissait craindre une mauvaise année. Beaucoup de gens retenaient donc la veille un homme pour venir leur souhaiter la bonne année en premier. En revanche, une jeune fille qui souhaitait la première la bonne année à un vieillard lui portait bonheur.
La première étrenne
Entre Bourgogne et Champagne, recevoir sa première étrenne d’un homme n’avait rien d’inquiétant, mais si c’était une femme qui l’offrait, on craignait de voir la malchance s’attacher à soi.
Rien ne sort avant que quelque chose n’entre
Dans les mêmes pays, on veillait à ce que rien, ni provision ni cadeau, ne sorte de la maison avant qu’un ami ou un voisin y ait fait entrer quelque chose. Si le boulanger arrivait le premier avec du froment, c’était un indice de richesse.
Le premier pauvre de l’année
Entre Bourgogne et Champagne, celui qui réussissait à glisser son aumône au premier pauvre rencontré, avant que celui-ci la demande, pouvait espérer un jour de l’An plein d’agréables surprises.
Une future mère le 1er janvier
En Bourbonnais, la première personne qu’une femme enceinte rencontrait le jour de l’An annonçait le sexe de l’enfant qu’elle attendait.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Le jour de l’An était autrefois, plus encore qu’aujourd’hui, le jour des visites, des vœux et des étrennes. On sortait tôt pour souhaiter la bonne année aux voisins et à la famille, si bien que la première personne croisée n’était presque jamais le fruit du hasard : c’était d’ordinaire celle qui habitait le plus près.
Ce que disent les croyances populaires
Franche-Comté
En Franche-Comté, si en sortant de chez soi le jour de l’An on rencontrait une femme, on aurait du malheur toute l’année ; beaucoup retenaient la veille un homme pour leur souhaiter la bonne année le premier. Une jeune fille qui le faisait la première à un vieillard lui portait cependant bonheur.
Source : Charles Beauquier, « Les mois en Franche-Comté », Revue des traditions populaires, t. XIV (1899), p. 8. Voir la page
De la Bourgogne à la Champagne
Dans certaines localités de Bourgogne et de Champagne, si la première personne qu’un homme rencontrait le jour de l’An était une femme, la rencontre était nuisible ; un voisin complaisant allait alors de bonne heure souhaiter la bonne année à sa voisine.
Source : F. Fertiault, « Superstitions et croyances du jour de l’An », Revue des traditions populaires, t. IV (1889), p. 54-55. Voir la page
De la Bourgogne à la Champagne
De la Bourgogne à la Champagne, une première étrenne reçue d’un homme n’annonçait rien de défavorable ; reçue d’une femme, elle faisait craindre la mauvaise chance.
Source : F. Fertiault, « Superstitions et croyances du jour de l’An », Revue des traditions populaires, t. IV (1889), p. 55. Voir la page
De la Bourgogne à la Champagne
Le jour de l’An, rien ne devait sortir de la maison avant qu’un ami ou un voisin y ait apporté quelque chose ; si le boulanger arrivait le premier avec son froment, c’était un indice certain de richesse.
Source : F. Fertiault, « Superstitions et croyances du jour de l’An », Revue des traditions populaires, t. IV (1889), p. 54. Voir la page
De la Bourgogne à la Champagne
Celui qui glissait son aumône au premier pauvre rencontré, avant qu’il l’ait demandée, pouvait espérer un jour de l’An plein d’agréables surprises.
Source : F. Fertiault, « Superstitions et croyances du jour de l’An », Revue des traditions populaires, t. IV (1889), p. 55. Voir la page
Bourbonnais
En Bourbonnais, la première personne qu’une femme enceinte rencontrait le jour de l’An indiquait le sexe de l’enfant dont elle devait accoucher.
Source : Francis Pérot, « Le folk-lore du Bourbonnais, VI », Revue des traditions populaires, t. XXII (1907), p. 281. Voir la page
Pour réfléchir
Au début d’une nouvelle étape, qui aimerais-tu voir en premier, et pourquoi cette personne ?