Essayer sa robe de mariée avant le mariage
Dans les Deux-Sèvres, essayer une robe de mariée portait malheur, et la future épouse ne devait ni coudre ses vêtements de noce ni mettre son bonnet avant la cérémonie. Les Loir-et-Chériens redoutaient surtout le miroir.
Ce que cela peut signifier
Ces interdits visaient surtout la répétition complète : la future mariée ne devait pas se voir entièrement parée avant le jour même, ni coiffer son bonnet de noce, ni, en Loir-et-Cher, juger sa robe dans la glace. Une part du grand jour devait rester intacte. Aujourd’hui, les essayages sont inévitables, mais l’idée peut encore parler à d’autres moments importants : à force de tout prévoir, de tout répéter et de tout vérifier, on risque d’user d’avance l’émotion qu’on attend. Garder un détail pour le jour venu, c’est se réserver une surprise.
Selon la façon dont tu l’as vu
Un essayage avant la noce
Dans les Deux-Sèvres, essayer une robe de mariée portait malheur. Les futures mariées devaient aussi s’abstenir de confectionner elles-mêmes leurs vêtements de noce et de coiffer leur bonnet avant la cérémonie.
Devant le miroir
Une fiancée du Loir-et-Cher ne devait ni faire ni essayer sa robe devant une glace, mais s’en remettre au goût de ses camarades. L’auteur qui le rapportait ajoutait, en souriant, que celles-ci ne manqueraient pas, par jalousie, de lui laisser croire qu’elle ne lui allait pas.
La couronne de fleurs d’oranger
À Quimper, une jeune fille qui mettait la parure de fleurs d’oranger d’une mariée ne se marierait pas. En revanche, prendre sept boutons de fleurs d’oranger à la mariée lui promettait un mariage prochain.
Pourquoi cela arrive dans la nature
Une robe de mariée se fait ou s’ajuste en plusieurs essayages, pour que le tissu tombe juste. Les interdits anciens portaient surtout sur ce qui marquait le changement d’état (le bonnet ou la parure de fleurs d’oranger) et sur la tenue complète avant la cérémonie, plus que sur le simple travail de couture.
Ce que disent les croyances populaires
Deux-Sèvres (Poitou)
Dans les Deux-Sèvres, essayer une robe de mariée portait malheur.
Source : R.-M. Lacuve, « Contribution au folk-lore du Poitou (Département des Deux-Sèvres) », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 323. Voir la page
Deux-Sèvres (Poitou)
Dans les Deux-Sèvres, les mariées ne devaient point confectionner leurs vêtements de mariage ni coiffer leur bonnet avant la cérémonie, sous peine de malheurs.
Source : R.-M. Lacuve, « Contribution au folk-lore du Poitou (Département des Deux-Sèvres) », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 323. Voir la page
Loir-et-Cher
Selon une coutume du Loir-et-Cher, la future ne devait ni faire ni essayer sa robe devant une glace, mais s’en rapporter au goût de ses camarades.
Source : François Houssay, « Coutumes et superstitions du Loir-et-Cher », Revue des traditions populaires, t. XV (1900), p. 373. Voir la page
Quimper (Finistère)
À Quimper, mettre la parure de fleurs d’oranger d’une mariée condamnait une jeune fille à ne pas se marier ; prendre sept boutons de fleurs d’oranger à la mariée lui portait au contraire bonheur : elle se marierait bientôt.
Source : H. Le Carguet, « Petites croyances des Quimpéroises », Revue des traditions populaires, t. XX (1905), p. 199. Voir la page
Pour réfléchir
Quel grand moment à venir préfères-tu garder un peu intact, sans tout répéter à l’avance ?